Siméon Pécontal

Résumé

Siméon Pécontal La divine odyssée (1865)

« Quelle est donc cette voix, au souffle tout-puissant?» Disent-ils; « d'où lui vient cette flamme solaire, Qui réchauffe l'esprit et le cœur qu'elle éclaire?»
Elle lui vient de vous, du cri de vos douleurs; C'est vous qui lui donnez la pitié des malheurs; Elle s'est retrempée aux sources de vos larmes, Et, pour les étancher, elle s'en fait des armes.
Et puis, sachez-le bien, ô peuples interdits,
Ou mal émancipés, les Francs, ce peuple-verbe, Qui sait se faire ouïr de l'humble et du superbe, C'est de vous, de vos flancs qu'ils sont sortis jadis.
Source : Gallica

Siméon Pécontal La divine odyssée (1865)

Le sang et l'or qu'à flots et partout il prodigue, Au lieu de l'épuiser ravivent son essor ; L'obstacle a beau grandir, il grandit plus encor; Il joue avec le feu ; le danger, il le brigue; Pour aller à la mort il va jusqu'à l'intrigue!
Et d'esprit et de cœur, sans cesse débordant, Fait ainsi, sans compter, un calcul transcendant, Un calcul qui, plus lard, bien mieux qu'à l'Angleterre, Doit lui valoir l'empire et l'amour de la terre !
Il est un comme Dieu, dont il est le soldat ; Du glaive et de l'idée il s'inspire, et se bat.
Source : Gallica

Siméon Pécontal La divine odyssée (1865)

Et c'est ce qui, parfois, rend son verbe si haut.
Mais sa marche, après tout, n'est que chute ou cahot.
-N'est que chute ou cahot!.. Mensonge, erreur, blasphème, Cria soudain la Terre, interrompant la Mer.
Je trébuche, c'est vrai ; mais, toi, vieux gouffre amer, Tu ne sais pas encor te conduire toi-même : Il te faut, quand tu veux pénétrer jusqu'à moi, La lune et le soleil pour te mettre en émoi.
Ah ! tu juges la Terre ! et la Terre te juge ; Ronge ton frein ; le ciel ne veut plus de déluge,
Stérile agitateur, que rien ne peut fixer, Et qui vas, vas toujours, sans jamais avancer !
Source : Gallica

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