“ « Par ces dieux que j’atteste, Par ce soleil, témoin de mon destin funeste, Par ce ciel, par cet air que nous respirons tous, O Troyens ! me voici ; je m’abandonne à vous ; Que l’un de vos vaisseaux loin d’ici me transporte, Dans une île, un désert, où vous voudrez, n’importe. Je suis Grec, j’ai, comme eux, marché contre Ilion. Si c’est un attentat indigne de pardon, Voici votre ennemi, qu’il soit votre victime ; Frappez, tranchez ses jours, plongez-le dans l’abîme ! Mais ne le laissez point sur ce bord désolé : Mourant des mains d’un homme, il mourra consolé ». ”
Virgile
Résumé
L’Énéide, épopée latine de Virgile, rédigée entre 29 et 19 av. J.-C., narre les épreuves d’Énée, ancêtre mythique du peuple romain, de la chute de Troie à l’établissement dans le Latium. Structurée en douze chants, elle combine aventure, destin et divinités, avec des thèmes de pérégrination, de conflit céleste (Juno, Vénus) et de création d’un empire.
Les personnages principaux — Énée, Didon, Anchise — symbolisent les tensions entre devoir et amour. Cette œuvre, influencée par l’Iliade et l’Odyssée, devint un pilier de la culture romaine, légitimant la dynastie julio-claudienne et la grandeur de Rome.
Citations de L’Énéide (Virgile)
“ Touchent d’un saut léger aux bords ausoniens. Leurs soins sont partagés : du roc qui le recèle L’un d’un feu pétillant fait jaillir l’étincelle ; L’autre parcourt des bois nu des fleuves nouveaux, Va, d’un œil curieux, reconnaître les eaux. Cependant le héros, plein d’espoir et de crainte, Du peuple d’Apollon va visiter l’enceinte, Et l’antre prophétique où brûlant de son feu, La prêtresse en fureur se débat sous son dieu, Et cache sa présence au vulgaire profane. Ils découvrent déjà la forêt de Diane, Et son temple, dont l’or relève la beauté. ”
“ Quelle indigne langueur le retient dans Carthage ! Deux fois du fer des Grecs par Vénus préservé, Est-ce là le destin qui lui fut réservé ? Est-ce là ce héros dont les mains redoutables Devaient assujettir cent peuples indomptables, Et qui, digne d’un sang si fertile en grands rois, A l’univers entier devait donner des lois ? Si, de ses hauts destins étouffant la mémoire, L’amour lui fait trahir l’intérêt de sa gloire, Pourquoi priver son fils de l’honneur immortel De fonder près du Tibre un empire éternel ? Chez un peuple ennemi qu’attend-il ? qui l’arrête ? ”
