Ernest La Jeunesse

Ernest La Jeunesse

Résumé

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse La Revue blanche

La solitude d’un Nogent et d’un Montigny, un printemps timide, une eau innocente coupés tout à coup, déchirés des intonations du comte scandant par cœur, à toute volée, les Trois Contes de Flaubert et s’arrêtant amoureusement, égoïstement sur la Légende de Saint-Julien l’Hospitalier, puis dans un dialogue d’enfer, Esterhazy disant à Wilde : « Nous sommes les deux plus grands martyrs de l’humanité, mais (après une hésitation et un silence) moi, j’ai plus souffert », c’est plus grand que du Dante — et c’est plus loin dans les siècles.
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Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse La Revue blanche

Il nous faudrait ici des mots se précipitant, une fuite d’espoirs, de verbe, de sourires, une chute frénétique de phrases, d’onomatopées dans une monotonie d’existence atroce et momifiée pour montrer le poète qui s’éteint, qui ne se résigne pas mais qui se livre et qui craint la mort au jour le jour, pour les hommes — en l’appelant d’égal à égal en sa chambre étroite d’un hôtel gris.
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Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse La Revue blanche

Le pauvre homme n’était pas au bout de ses étonnements. Du jour où il mit le pied sur notre terre, nous assistons à une tragédie atroce : l’effort pour revivre. Ce géant que n’avaient pu réduire le refus du sommeil, le refus du repos, le refus des livres, le refus de la nourriture et du vin, ce géant, défaillant à peine, demande à la mer, d’abord, à Paris, à Naples ensuite, du travail, une ère nouvelle de fables et de drames. Il échoue. À quarante ans, ivre d’avenir, il ne peut que tendre des bras impuissants vers son passé, en rechercher des témoins et se perdre dans un amer souvenir.
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