Résumé

Léon Gautier Portraits du XIXe siècle. Poètes et romanciers

Mais, si la Nouvelle est d’un succès si difficile, il faut avouer que rien n’égale sa puissance. Elle circule partout, grâce à sa finesse. Les ennemis de la Vérité ont compris la force de ces contes jadis trop dédaignés, et ils ont chargé plus d’une fois la Nouvelle de colporter l’erreur avec son sourire engageant. De là tant de petits romans révolutionnaires et impies de là tant de récits élégamment lubriques.
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Léon Gautier Portraits du XIXe siècle. Poètes et romanciers

Ce sont là, en vérité, deux créations d’Ourliac. Il semble qu’elles ne soient pas aussi populaires qu’elles le mériteraient. Robert Macaire et Joseph Prudhomme sont encore aujourd’hui dans tout l’éclat de leur gloire : Nazarille, lui, n’est pas connu. Pourquoi ? — C’est qu’Ourliac n’a pas donné à son personnage des contours assez précis : il l’a trop laissé dans une ombre indécise. Il s’est trop servi de l’estompe pour dessiner Nazarille, et pas assez du crayon. Ce coquin devient quelquefois philosophe et dit, ma foi, de fort bonnes choses sur l’humanité qu’il méprise.
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Léon Gautier Portraits du XIXe siècle. Poètes et romanciers

Pourquoi, d’ailleurs, avoir publié certaine nouvelle que je ne veux pas nommer, dont Nazarille est le héros, et qui est véritablement révoltante [1] ? Pourquoi avoir donné ce titre de Contes sceptiques et philosophiques à un volume où abondent au contraire les Nouvelles les plus réellement chrétiennes ? Je suis tout prêt à reconnaître le soin pieux que l’on a mis à reproduire tant de chefs-d’œuvre charmants, et je ne voudrais pas être ingrat envers ceux qui les remettent en lumière ; mais je ne saurais abdiquer mes droits de chrétien devant l’œuvre d’un chrétien.
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