Tristan Derème

Tristan Derème

Résumé

Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Petits Poèmes

Mais sentir que la vie est l’épaisse dentelle
sous laquelle palpite un visage inconnu...
Un liseron s’enroule autour de ton bras nu.
XI
L’espérance apparut et tu lui ressemblais,
hier. Elle avait des yeux verts comme les blés
d’avril, des doigts légers comme l’ombre d’une âme,
l’aile d’un roitelet ou le cœur d’une femme.
Et de la voir si fraîche et limpide, les mains
pleines de dahlias cueillis sur les chemins
de l’aube, nous sentions au charme de son souffle
nos cœurs pareils aux deux flacons d’une guédoufle.
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Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Petits Poèmes

L’azur est clair, la vie est belle,
je meurs, tu meurs et nous mourons
J’ai de la terre plein le front
Ouvrez l’amour comme une ombrelle.
Ah ! ferme ces yeux obstinés
si rien au monde n’est durable,
et mets la lampe sous la table,
car l’encrier te rit au nez !
III
Entre la vie et moi tirant un voile épais,
j’enfermerai mon cœur et conquerrai la paix.
Je sèmerai dans mon oreille une tulipe ;
et quand j’aurai fumé mes cheveux dans ma pipe,
pour marquer la retraite où je m’ensevelis,
sur mon crâne rasé je ferai peindre un lis.
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Portrait de Tristan Derème Tristan Derème Petits Poèmes

Quand tu partis et que ton rire s’envola,
j’eus le cœur gros comme un volume de Zola.
Mais te voilà ! — L’air est léger comme un sourire ;
ma tristesse fond devant toi comme une cire
sur la lampe. Rentrons. La porte grince et les
volets. Veux-tu, soyons deux oiseaux envolés !
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