Résumé

Revue littéraire, 1862/05

L’imagination des jeunes romanciers est peu féconde, dit-on : je le veux bien ; mais c’est qu’à leurs yeux la fable importe peu. Ce qui importe, c’est l’interprétation nouvelle qu’ils cherchent à en donner. Là est pour l’esprit la véritable création bien plutôt que dans la combinaison plus ou moins ingénieuse des événemens. Que prouvent les faits en littérature ? Absolument rien. L’étude d’un caractère s’accommode bien mieux des rencontres banales, mais logiques de la vie ordinaire que des accidens imprévus d’une existence aventureuse. Il y a là plus de vérité, comme aussi plus de certitude.
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Revue littéraire, 1862/05

Il a reçu la terrible accolade de la réalité ; il découvre tout à coup de combien d’élémens complexes l’unité apparente de notre vie est composée, et au seuil de cette vie, le cœur blessé, il s’arrête déjà, regardant à l’horizon, hésitant plus que jamais sur le chemin qu’il va suivre, sans s’apercevoir que la vie elle-même l’emporte insensiblement, et qu’il va mourir sans connaître le sens de l’énigme, je ne dis pas pour ce qui regarde l’humanité, mais simplement pour ce qui le concerne.
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Revue littéraire, 1862/05

La littérature du XVIIIe siècle, qu’on a tant accusée, est une preuve éclatante de cette vérité. Aujourd’hui c’est l’étude de la réalité qui préoccupe nos jeunes écrivains. Y a-t-il là un de ces principes de vie qui suffisent à donner à une littérature l’originalité et la puissance ? Nous osons en douter. Certainement ce n’est pas là qu’il faut chercher l’unité d’inspiration, l’unité d’idéal, la force en un mot qui seule relie les œuvres d’imagination en un de ces ensembles imposans où la postérité reconnaît la littérature d’une époque.
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