Jean-Noël Sissia

Résumé

Jean-Noël Sissia Les Cœurs obligés : poèmes (1976)

Que j'en ai crains de ces poèmes Qui s'écrivaient si loin de nous.
Je voulais mes mots invisibles, Légers comme les points du jour, Et le moindre de mes lisibles, Déjà pesait de trop d'amour !
Au plus fort du dépouillement, J'étais encore en pleine ivresse Et mon cœur saignait doucement Des bleus légers de la tendresse.
En équilibre sur ma vie,
A perte de lampe qui fume, Notre amour, ce faux endormi, Chavire au premier pas de plume.
RETARDE LA LUEUR DES LAMPES
Retarde la lueur des lampes,
Le ciel déborde les rideaux,
C'est l'heure où le jour sur tes tempes Prolonge l'or de ses vitraux.
Source : Gallica

Jean-Noël Sissia Les Cœurs obligés : poèmes (1976)

Le mien tombe comme la neige Sur l'infini des autrefois Laisse tes mots sur le manège Où nous fûmes si maladroits,
Que je boive à ce calme étrange,
A ce mensonge de bonheur,
Le soleil pleut des ailes d'anges Qui me retombent dans le cœur.
Le soleil pleut sur les carreaux C'est l'heure où blanchissent nos tempes Le jour s'accroche à tes rideaux, Retarde la lueur des lampes !
ALTITUDE
Courent les eaux parmi les champs d'airelles Qu'un ciel d'été immuable a fleuris. Là-haut, l'eau pure est partout qui s'appelle, Jusqu'à l'azur qu'un glacier dur tarit.
Source : Gallica

Jean-Noël Sissia Les Cœurs obligés : poèmes (1976)

Les gentianes à peine font écluse Au torrent fou dont l'écume, là-bas,
Va blanchir l'herbe où le frelon s'amuse A boire aux fleurs la montagne qui bat.
Nous marchons nus sur les roches d'ardoises, Le souffle court et les pas dans les pas,
Ta bouche fraîche a le goût des framboises, Et notre amour ressemble à tout cela.
LES VRILLES DE LA VILLE
Poussent les vrilles de la ville... Le rossignol ne chante plus Ce rêve d'un enfant tranquille Que tant d'amours auront déçu.
Source : Gallica

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