Jean-Noël Sissia, Les Cœurs obligés : poèmes (1976)
“ Que j'en ai crains de ces poèmes Qui s'écrivaient si loin de nous. Je voulais mes mots invisibles, Légers comme les points du jour, Et le moindre de mes lisibles, Déjà pesait de trop d'amour ! Au plus fort du dépouillement, J'étais encore en pleine ivresse Et mon cœur saignait doucement Des bleus légers de la tendresse. En équilibre sur ma vie, A perte de lampe qui fume, Notre amour, ce faux endormi, Chavire au premier pas de plume. RETARDE LA LUEUR DES LAMPES Retarde la lueur des lampes, Le ciel déborde les rideaux, C'est l'heure où le jour sur tes tempes Prolonge l'or de ses vitraux. ”
