“ Viens voir les blanques, et le tir, et le manège des chevaux de bois ! Les gamins et les gamines qui n’ont pas encore l’âge de danser tournent sur le manège : c’est leur manière de se laisser entraîner par le tourbillon de joie du printemps revenu. ”
Manège
Définition et enjeux
Le manège désigne, selon les contextes, un espace dédié à l’équitation, un dispositif mécanique de loisirs ou une figure de mouvement stratégique. Depuis les descriptions techniques de F. Musany, qui souligne son rôle dans l’apprentissage équestre, jusqu’aux métaphores poétiques de Henri Bachelin, évoquant le tourbillon de joie des enfants, le terme révèle des dimensions multiples.
Des auteurs comme Collin de Plancy ou Charles Delon en ont illustré les usages concrets, tandis que Kraft von Hohenlohe-Ingelfingen en fait un lieu de dressage des chevaux. Ce concept, à la fois pratique et symbolique, traverse les disciplines, des manœuvres militaires aux spectacles de divertissement.
Citations sur le manège
Aḥmad ibn Yūsuf al-Tīfāšī, Le Livre de volupté
“ Elle est debout, les mains le long de ses flancs, découverte jusqu’aux hanches et tous ses charmes mis en vue. L’homme se place sous elle, dans une position inclinée ; assise sur lui elle s’agite. Quand, à la suite de ce manège, il s’excite, il s’approche d’elle et le met en lieu propice. ”
Pages-couverture et correspondance administrative
“ R. Samedi l’affaire a continué, ― les émeutiers ont continué. Il y a eu du trouble le soir. Les troupes sont sorties. J’avais distribué aux endroits les plus menacés une garde que je considérais suffisante pour défendre ces points là, et le principal endroit où la populace s’est portée a été le Manège. On a attaqué le Manège ; on a jeté des pierres et des glaçons aux soldats, on les a insultés pendant une partie de la soirée. Les soldats, les troupes ont fait de leur mieux possible pour les disperser, sans avoir à tirer en aucune façon. ”
F. Musany, L'amazone au manège et à la promenade… (1888)
“ Il est très nécessaire, Mesdames, Mesdemoiselles, que vous preniez vos premières leçons dans un bon manège, parce que c'est là que vous trouverez les professeurs les plus expérimentés et les chevaux qui vous conviennent le mieux. Dans cet espace restreint, tranquille, entouré de murs, où aucun objet, aucun bruit ne surexcitent l'animal, où il ne reçoit d'autres sensations que celles que vous lui communiquez vous-mêmes, il est presque impossible qu'aucun accident vous arrive. ”
Charles Simond, Quand je serai chasseur, ouvrage orné de 60 gravures de Bellecroix… (1897)
“ Pour dérouter les ennemis qui voudraient le suivre, il revient sur sa voie, au bout de quelques pas, entre dans un autre chemin, recommence sa manœuvre déjà pratiquée et répète ce manège plusieurs fois. ”
Charles Delon, Mines et carrières (1877)
“ Tout le monde sait ce que c'est qu'un manège : un arbre ou essieu vertical en bois porte deux ou quatre longs bras s'étendant horizontalement; à l'extrémité de ces bras on attèle des chevaux, qui, marchant en rond dans l'étroite piste du manège, font tourner l'arbre vertical. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Tout ce manège consistait à avoir choisi de grands hommes couverts de peaux de grands poissons dont les écailles luisent extraordinairement la nuit, et à les avoir munis de grands bâtons de bois pourri, appelé communément bois mort, lequel est resplendissant au milieu des ténèbres. ”
Kraft Carl August Eduard Friedrich von Hohenlohe-Ingelfingen, Entretiens sur la cavalerie (1887)
“ A. - Si les vieux chevaux sont montés et traités comme je le désire, le manège ne sera certainement pas pris toute la journée. Le manège est fait avant tout pour les jeunes chevaux et pour les recrues. ”
André Élisabeth Anatole Émilien Lelorgne d' Ideville, Le raid national militaire : Paris-Rouen-Deauville… (1904)
“ Montez-le un jour au manège, il n'en sera que plus souple, plus maniable. Faites-le sauter en liberté, à la longe, monté. Si vous allez avec vos hommes sur le terrain ou au service en campagne, qui vous empêche de le prendre ? Tout exercice qui fera travailler les différentes parties de l'organisme est bon. ”
Jean Lorrain,
Poussières de Paris
“ C’est là que le mouvement, le tumulte et le brouhaha sévissent, c’est le rond-point choisi par tous les manèges: manèges de chevaux de bois, manèges de cochons, balançoires, ballons et montagnes russes. ”
Léon Guérin, Promenades au Jardin des plantes (1850)
“ C'est un curieux spectacle de les voir raser l'eau, s'élever un peu au-dessus et tomber le cou roide et leur sac à demi plein., puis, se relevant avec effort, retomber de nouveau, -et continuer ce manège jusqu'à ce que cette darge besace soit entièrement remplie ”
“ Il était grand et maigre, l'air dolent, plié déjà à la vie mécanique du bureau, ayant dans ses yeux ternes la résignation hébétée des chevaux de manège. ”
Leonardo Bianchi, La mécanique du cerveau et la fonction des lobes frontaux (1921)
“ Le manège continue quoique plus limité. L'instabilité totale er-siste ; la bête monte sur une chaise qu'on a mise près d'elle et en redes~Nj~ d, elle fait tomber la chaise, la tire vers elle ou la repousse, la secoue, attache de toute manière ; elle ouvre et ferme les battants d'une fenê~NN , tire maintes fois la chaîne qui l'attache, ou elle recommence les mouInehts de manège, si toutefois elle n'accomplit.pas un des actes susmendonnés; ces mouvements ont le caractère des stéréotypies. ”
Henri Vendel, Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)
“ Nos mains, pleines de sang, d'orgueil et d'épouvante, ont meurtri l'avenir au creux chaud des matrices, et le jour, effrayé des monstres qu'il enfante, le jour, ivre d'horreurs, se jette aux précipices. ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ Sa vengeance s’acharne à vos pas abhorrés. Vos lits sont des brasiers ; vos chambres sont pareilles A de noirs souterrains qu’empeste un vent mauvais ; Vos cœurs sont lourds d’horreurs comme de grains les treilles. ”
Marcel André, Fleurs de sang, l'Illiade du XXe siècle… (1921)
“ Malgré leur petit nombre, ils n'hésiteront pas ; Il faut venger les morts ! « Fiez-vous à leurs bras 1 » La baïonnette à luit ; les ennemis reculent. Le sang coule, herbe et fleurs en tous sens se maculent &..1. En avant ! .en avant ! nous marchons sur les morts. Leurs os craquent !. tant pis ! l'horrible corps-à-corps Continue effrayant de haine et de courage. Deux heures, a duré cet atroce carnage. Au-dessus 'de ce champ, tout bossué de chair, On entend les oiseaux qui réjouissent l'air. Ici, leur ruisselet, rouge de sang chantonne ; Là-bas, sur les coteaux, le monstre d'acier tonne. ”
John Henry Newman, Callista, ou Tableau historique du IIIe siècle… (1857)
“ De lourdes massues, des piques , des gantelets de fer, des pierres, des briques, des bâtons, des fouets, le glaive et le casque, en un mot, tout ce qui leur tombait sous la main leur devenait une arme pour écraser cette foule compacte de misérables êtres humains qui n'offraient pas la moindre résistance. ”
Henri Vendel, Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)
“ Lorsque les ossements, ultime floraison, s'élanceront de terre et qu'au souffle des anges dans le ciel éclaté les trompes sonneront, n'étendez pas sur nous une main qui se venge, Seigneur ! Le feu d'enfer, nous l'avons tisonné comme d'aveugles doigts innocents de leurs crimes. ”
Ernest Cœurderoy,
Jours d’Exil, tome III
“ Bêtes et gens, les unes portant les autres, se pressent, se frottent, se heurtent, grognent, se mordent, bondissent, hurlent et se réclament. — Tayaut ! Tayaut ! — On les schlague, on les débride, on les déchaîne : sergents de ville, gardes-champêtres, gendarmes à cheval et à pied, fixes ou mobiles, coureurs du fisc et des gabelles, tireurs de corde, démons de potence, mouchards et douaniers, gueux des montagnes, gueux des salons et gueux des plaines. ”
Paul Adam,
Lettres de Malaisie
“ Nous développons par tous les moyens l’envie du meurtre, l’habitude de tuer, l’instinct de vaincre. Écoutez ces clameurs de joie. Tenez ! le maillet à lame abat un porc, à demi décapité par la force du coup. Le sang jaillit par deux fontaines ; la bête ahurie grogne et s’agite ; elle éclabousse de crachats rouges la haie des curieux ravis et qui s’amusent à présenter les visages vers le jet du sang. Comment ces êtres-la s’épouvanteraient-ils ensuite si l’ennemi décapite à leur côté le camarade de leur grade. Regardez à gauche ces jeunes femmes qui poursuivent un mouton échappé. ”
Victor Mangin, Lida (1844)
“ Comme un soldat obscur grandi dans la bataille, Je vais avoir enfin une tombe à ma taille, Et mourir dans l'idée où j'ai passé mes jours Que les desseins de Dieu s'accomplissent toujours ! XVI. Le lendemain, au jour, un pâtre solitaire Trouva près de l'abîme un manteau brun à terre, Et, plus loin, une bourse, et dans les bas chemins Un mulet qui paissait, sans maître, les gramens !. Je ne sais quel soupçon lui vint alors d'un crime ; Mais, regardant au fond du dévorant abîme, Il vit deux corps humains, lambeaux de chair glacé, Dont l'un semblait encor tenir l'autre embrassé ! ”
Jean-Baptiste Gindre de Mancy, Les Échos du Jura, par M. G. de Mancy… (1841)
“ Tous ont mis pied à terre, et sanglants et meurtris, S'élancent à la fois avec d'horribles cris, Après les murs croulants se cramponnent, s'attachent, Les mordent de leurs dents, de leurs mains les arrachent, Et sur l'étroit glacis viennent, fiers assaillants, Combattre corps à corps avec quelques vaillants. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ L’orage du combat est encore dans cette cour ; l’horreur y est visible ; le bouleversement de la mêlée s’y est pétrifié ; cela vit, cela meurt ; c’était hier. Les murs agonisent, les pierres tombent, les brèches crient ; les trous sont des plaies ; les arbres penchés et frissonnants semblent faire effort pour s’enfuir. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Le lit du trappiste est une faveur pour le forçat. — Au-dessus de la porte, peinture d’un forçat figurant l’arrivée au bagne, le gendarme, le criminel sombre, l’innocent qui se jette à genoux, etc. Autre peinture dans une autre salle, représentant le crime. Un désert, la victime à terre, le meurtrier la regarde effaré ; au fond du paysage, deux anges le voient (Prudhon) . Salle des éprouvés. — N’ont pas de chaîne. Vont quelquefois en ville. Ont un peu de viande et de vin. Visite au bagne flottant la Thémis. — Escalier ferré de gros clous comme les souliers des forçats. ”
Jules Claretie,
Histoire de la révolution de 1870-1871
(1872-1875)
“ Partout des canons démontés, des fusils brisés, des sacs éventrés, des tambours crevés, des tas de cervelle ou de chair humaine lancés sur l'herbe, dans les champs de betterave ou sur les haies des jardins; des cadavres partout, crispés, immobiles, gardant encore dans la mort l'attitude de la vie et faisant, avec leurs poses bizarres, leurs mains exsangues, leurs visages d'une pâleur jaune, ressembler ce champ de carnage à une campagne peuplée de figures de cire. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Comme ces gorges profondes sont bien préparées pour ensevelir le crime, comme ces solitudes invitent au mal, comme ces plis du terrain sont disposés à merveille pour l’embuscade et la surprise, et comme la violence se sent à l’abri des représailles derrière ces remparts de hautes montagnes! ”
Victor-Marie Hugo,
Les Vierges de Verdun
“ Ses regards las du crime et troublés par ses pleurs. Eh quoi ! quand ces beautés lâchement accusées Vers ces juges de mort s’avançaient dans les fers. Ces murs n’ont pas, croulant sous leurs voûtes brisées, Rendu les monstres aux enfers ! ”
Eugène Bresson, L'Orléade, poème épique en XIV chants… (1838)
“ Le monstre qui le voit veut punir son audace, Il l'attaque en grondant, le combat, le terrasse Et d'un coup fait voler son casque en mille éclats. Sur son front déchiré l'enfant sent le trépas Qui glisse froidement, et qui roide se couche Sur ses beaux yeux éteints. ”
Camille Pelletan,
La Semaine de Mai
“ Tout est en ruine aux environs : des vêtements à larges taches rouges, des cadavres noirs de poudre, des chevaux éventrés, des armes et des caissons fracassés... La terre, par plaques humides, semblait détrempée de sang. ”
Charles-Louis Lesur,
Les Francs, poëme héroïque en dix chants…
(1797)
“ Alors noirs habitans du séjour infernal, Et le désir du crime, et le trouble, et la rage, Et la mort qui sourit à l'horrible assemblage, S'échappent en tumulte et pressés dans ces rangs, Qui tiennent confondus tous les maux dans leurs flancs. ”
Théophile Gautier,
Quand on voyage
“ Persée, détournant son visage, où se peint une compassion mêlée d’horreur, tient d’une main son épée à crochet recourbé, et de l’autre élève la tête pétrifiante, immobile et morte au milieu de sa chevelure de serpents qui se tordent. ”
Émile Verhaeren,
Les Villes tentaculaires, précédées des Campagnes hallucinées
“ Prenant à part chacun de ceux Dont les arpents sont cancéreux, Dont les moissons sont vaines Et qui regardent devant eux Las, trébuchants et malchanceux, La mort venir du bout des plaines de leurs haines. ”
H. de Graffigny, Le tour de France en aéroplane
“ Comme la gueule d'un monstre caché au fond de l'eau, elle est sortie et a happé sa proie. La mer cruelle a l'éclat sombre et gris d'un regard de haine, et les rocs se penchent comme des monstres en méditation. ”
Clarisse Nicoïdski, Guerres civiles (1991)
“ Dans une confusion de poussière, de hurlements, de pierres lancées sur les vitres qui volent en éclats, de sanglots et de rugissements satisfaits, des souliers cloutés martèlent le bois, des sandales claquent sur le pavé, des hommes et des femmes courent ici, là, s'étreignent, s'empoignent pour le meurtre. ”
Clodomir Dutilh, Catéchisme de l'électeur girondin (1870)
“ Le canon gronde, la mitraille commence la vaste boucherie humaine, et des monceaux de cadavres couvrent la plaine, et le sang rougit les eaux du fleuve, et tous ces hommes, hachés, brisés poussent d'horribles hurlements, et le vandale triomphant, ivre de sang et de poudre, vient souiller ces femmes et ces filles éperdues, fusiller les vieillards, incendier nos maisons. ”
Auguste Barbier,
Iambes et Poèmes
“ Tes murailles de chair, tes soldats valeureux, Sont traités par tes mains comme on traite les bœufs Et tous les blancs troupeaux, honneur de la prairie, Que sans ménagement l’on mène à la tuerie, Et qui, le ventre plein de trèfle et de gazon, Accourent à la mort à grands coups de bâton. ”
Petronius Arbiter,
Le Satyricon
“ Mais, tandis que, la face vultueuse et l'œil inhumain, je ne respire que meurtre et carnage, serrant d'un poing convulsif la garde, vouée aux représailles, de mon glaive, je provoque l'attention d'un militaire, peut-être vagabond ou détrousseur de nuit. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Ces contraintes dont tu gémis, ce sont tes armes de défense, cette prison où tu prétends étouffer, ce sont les murs de ton enclos que nos cultures ont purgé de tout reptile venimeux, dont les bêtes fauves n’approchent jamais et où tu as vécu jusqu’à présent avec innocence et sécurité. ”
Théodore de Banville,
Les Exilés
“ Et tu n’épargnes même, en tes meurtres sauvages, Ni les rois au front ceint de laurier, ni les Dieux ; Mais s’ils ont fui devant ce carnage odieux, Comme rougir la terre est ton unique joie, Tu cherches les serpents et les bêtes de proie. ”
Marc Monnier,
Revue des Deux Mondes
“ Cependant au dehors l’horreur augmente de moment en moment, le combat s’irrite et se rapproche, le ciel se couvre de poussière, des nuées de flèches s’abattent jusqu’au milieu du camp, où entrent déjà les cavaliers ennemis, et dans les airs monte la triste clameur des jeunes hommes qui combattent et de ceux qui tombent... ”
Henri Rivière,
Histoire maritime de France au dix-huitième siècle
(1855)
“ Ils marchaient toute la nuit, se cachaient le jour, cernaient une ville, un village ou un camp, se glissaient comme des reptiles jusqu'à leurs ennemis endormis et les massacraient en poussant d'horribles cris. ”
Charles-Théodore Brécard,
En Belgique auprès du roi Albert…
(1934)
“ C'est une vision d'horreur, que présente cette partie du champ de bataille où sans arrêt les projectiles éclatent et les maisons s'écroulent dans la fumée, la pluie, la poussière, l'odeur insupportable et le bruit infernal. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes barbares
(1862)
“ Il allait et venait dans sa cage de fer, Heurtant les deux cloisons avec sa tête rude. L’horrible sort, enfin, ne devant plus changer, Il cessa brusquement de boire et de manger, Et la mort emporta son âme vagabonde. ”
Régis Roy,
Le secret de l’amulette
“ Comme vous le savez, un crime a été commis : l’un des Mandanes, de passage dans nos murs, a été assassiné la nuit dernière. Ses confrères crient vengeance ! Ce sont des alliés que nous voulons conserver, et je suis chargé de découvrir le coupable et de le punir sévèrement. Je ne vous retiendrai pas longtemps ; nous allons procéder tout de suite. ”
“ Un monstre aux flancs livides et gluants, au ventre ridé, aux pattes monstrueuses et écaillées, au museau grêle et difforme, s’arrête au bord du rivage et pousse avec force un long mugissement, premier cri de la vie qui va se perdre au fond des solitudes. ”
Leconte de Lisle,
La Mort du Moine
“ Il est venu, hurlant de soif, les yeux ardents, La malédiction avec la bave aux dents, Et poussant, comme chiens aboyeurs sur les pistes, L’assaut des mendiants et des voleurs papistes À qui tous les forfaits sont gestes familiers : Princes bâtards, barons sans terre et chevaliers, Pillards, chassés du Nord pour actions perverses, Et routiers vagabonds d’origines diverses. ”
Francis Melvil, Poèmes héroïques : oeuvres posthumes (1892)
“ Tout à coup un long cri s'élève dans la nuit, Des hurlements d'horreur traversent l'étendue; Tout s'éveille en sursaut; une foule éperdue Semble sortir de terre, accourt, s'écrase, fuit, Se tord comme le fer au brasier de la forge. ”
Alphonse de Lamartine,
Jocelyn
“ Le petit nombre des assassins, le grand nombre des victimes, l’immensité du bâtiment, l’étendue du jardin, les murs, les arbres, les charmilles, qui dérobaient aux balles les prêtres courant çà et là pour fuir la mort, ralentirent l’exécution. ”
Évariste de Parny,
Chansons madécasses suivies de Poésies fugitives
“ Portez son corps dans l’enceinte habitée par les morts. Un mur élevé la protège, et sur ce mur sont rangées des têtes de bœuf aux cornes menaçantes. Respectez la demeure des morts. Leur courroux est terrible, et leur vengeance est cruelle. ”
