Théophile Gautier,
Quand on voyage
“ Vous voyez les prames, les polacres, les brigantins qui font quarantaine à San-Servolo, ou qui voguent à pleines voiles sur le grand bassin ; les canaux intérieurs, dont vous ne pouvez apercevoir l’eau, coupent de sillons profonds les masses d’architecture groupées au pied du Campanile. Du reste, ce tableau est muet ; cette rumeur sourde, ce vagissement d’une grande ville, qu’on entend des tours de Notre-Dame ou du dôme de Saint-Paul, ne frappent pas votre oreille : aucun bruit ne se fait entendre ; Venise, en plein jour, est plus silencieuse que les autres capitales dans la nuit. ”
