Léon Guérin

Élements biographiques

Léon Guérin Les voix naïves : contes moraux en vers destinés à la jeunesse (18..)

J'ai secoué trois fois mon aîle où le nuage Avait, comme la mort, empreint son souffle impur, Et l'horizon qui fuit me paraît moins obscur.
Mais que vois-je ? Et que veut cette troupe inhumaine Qui semble avoir surpris ses foudres au Seigneur, Et qui, le fer en main, dans les yeux la fureur, S'arrache, en massacrant, un stérile domaine?
Que de sang et de morts ! Et qui donc trouve beau Que l'homme à l'homme ainsi creuse un vaste tombeau?
Ce n'est pas Dieu! Mon Dieu seul a droit sur la vie, Et par lui toute mort d'un réveil est suivie.
Source : Gallica

Léon Guérin Les Bons petits garçons, histoires pour la jeunesse… (1850)

Et je crus voir des pleurs Qui de sa tendre mère inondaient le visage ; Puis l'enfant, retrouvant sa force en son courage, Gaîment voulut, je crois, reprendre ses travaux; Et puis sa mère encore ordonna le repos, D'un geste bienveillant... Et l'enfant plein de charmes, La couvrant de baisers, souriant sous les larmes, Doucement résistait, et semblait dire :
—Oh! non, Ce n'est pas le travail ; au contraire, il m'est bon ; Oh ! travailler pour vous, c'est mon bonheur ma vie !
Source : Gallica

Léon Guérin Promenades au Jardin des plantes (1844)

C'est un charmant spectacle que de voir les hirondelles donner à leurs petits leurs premières leçons pour voler, en les animant de la voix, leur présentant d'un peu loin la nourriture, et s'éloignant encore à mesure qu'ils s'avancent pour la recevoir ; elles les poussent doucement et non sans quelque inquiétude hors du nid, jouant devant eux et avec eux dans l'air, comme pour leur offrir un secours toujours présent, et accompagnant leur action d'un gazouillement si expressif, qu'on croirait en entendre le sens. C'est le noir et le gris qui dominent sur le plumage des hirondelles
Source : Gallica

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