Léon Guérin, Les voix naïves : contes moraux en vers destinés à la jeunesse (18..)
“ J'ai secoué trois fois mon aîle où le nuage Avait, comme la mort, empreint son souffle impur, Et l'horizon qui fuit me paraît moins obscur. Mais que vois-je ? Et que veut cette troupe inhumaine Qui semble avoir surpris ses foudres au Seigneur, Et qui, le fer en main, dans les yeux la fureur, S'arrache, en massacrant, un stérile domaine? Que de sang et de morts ! Et qui donc trouve beau Que l'homme à l'homme ainsi creuse un vaste tombeau? Ce n'est pas Dieu! Mon Dieu seul a droit sur la vie, Et par lui toute mort d'un réveil est suivie. ”
