“ Quand je parle de pauvreté, je n’entends pas la pauvreté naturelle et habituelle de l’ouvrier, mais la pénurie embarrassée de l’homme plongé dans les dettes, du commerçant gêné, dévoré de soucis et se débattant contre la ruine. ”
Pénurie
Définition et enjeux
La pénurie désigne un manque critique de ressources, qu'elles soient économiques, sociales ou matérielles, provoquant des tensions dans les systèmes de production et de distribution. Plusieurs auteurs l'ont abordée à travers des approches diverses : Charlotte Brontë y voit l'angoisse liée aux dettes et aux préoccupations financières, tandis qu'A.
de Brevans souligne les limites des choix individuels et la nécessité d'une action commune. Xavier Marmier décrit les difficultés quotidiennes des personnes vivant en situation de pauvreté, et Jules Noirsain relie la pénurie à une inégalité dans la répartition du travail. Ces visions mettent en évidence les enjeux interconnectés de l'économie, de la justice sociale et des politiques publiques.
Citations sur la pénurie
A. de Brevans, La collectivité : étude sociale (1872)
“ Mais notre pénurie est si grande, nos ressources si modiques dans le systême individuel, que toute puissance d'action, que toute idée logique et productive, dérangeant nos petits calculs, y fait peur, et qu'il faut des siècles pour qu'elle s'implante dans les esprits. ”
Charles Kingsley, Alton Locke, tailleur & poète. Volume 1 (1864)
“ Nos heures de travail augmenteront d'un tiers, notre salaire actuel sera rabaissé à un peu moins de moitié, et dans tout cela nous n'aurons nul espoir, nulle chance d'augmentation de salaire, mais toujours plus de pénurie, d'esclavage et de misère, chassés comme nous le serons par centaines, chaque année, du commerce honorable où nous aurons été élevés dans l'infernal système du travail par adjudication qui dévore notre profession et tant d'autres corps et âme. ”
A. de Brevans, La collectivité : étude sociale (1872)
“ Car dès lors, l'intelligence humaine formulée par le concours actif de tous, et libre des entraves que lui apportent les convenances, la pénurie individuelles, entrerait à pleines voiles dans tout son essor d'activité et enfanterait tous les moyens de multiplier la Production en diminuant d'autant le labeur de l'homme. ”
F.-A. Aulard, Les grands orateurs de la Révolution
“ Non, ils ne sont point redoutables, ces factieux aussi ridicules qu'insolents, qui décorent leur rassemblement convulsif du nom bizarre de France extérieure! Chaque jour leurs ressources s'épuisent; l'augmentation de leur nombre ne fait que les pousser plus rapidement vers la pénurie la plus absolue de tous moyens d'existence ”
Xavier Marmier,
Les voyages de Nils à la recherche de l'idéal
(1869)
“ Mais les pauvres gens qui ne peuvent avoir de si agréables distractions dans cette longue journée où toute occupation manuelle leur est interdite, que font-ils? Si la veille, dans leur pénurie et dans la prévision de ce jour sans salaire, ils ont pu engager chez le pawn-broker quelque ustensile de ménage ou quelque vêtement ; s'ils possèdent encore quelques pences, ils s'en vont au cabaret. Sinon, ils restent en leur triste gîte, maussades et bourrus, mécontents d'eux-mêmes et mécontents de tout, accablant de leur mauvaise humeur leurs femmes et leurs enfants. ”
Jules Noirsain, Du Problème social. Lois et conditions régulières du travail national en France… (1848)
“ Organisez, en conséquence, dans chaque localité, une compagnie de travailleurs correspondante aux besoins certains ou seulement probables. Le gouvernement, toujours promptement instruit de l'état des choses, pourvoira aux éventualités par les moyens dont il dispose. Ne vous y trompez pas. Ce n'est pas seulement la pénurie réelle du travail qui cause la détresse des travailleurs; c'est la mauvaise répartition du travail. Souvent le nord regorge de forces productrices; le centre et le midi demandent des bras. L'industrie souffre du trop plein, l'agriculture de la disette. ”
François Giordan, Doctrines économiques de la Banque de mobilisation et de garantie des créances hypothécaires… (1838)
“ Delà, ces talents bâtards et ces êtres inutiles dont la société actuelle fourmille : de là aussi les entraves que les progrès de toute nature éprouvent, et la pénurie vraiment fâcheuse d'hommes éminents. ”
Louis-François L'Héritier, Aventures d'un marin de la Garde impériale… (1833)
“ Chaque jour ajoutait au délabrement de nos personnes, à leur dénuement, à leur détresse ; à chaque minute, pour ainsi dire, la pénurie dans tous les genres devenait plus intolérable ; les officiers envoyaient pétitions sur pétitions, protestant et pour eux et pour nous contre un traitement aussi barbare. On n'écouta leurs plaintes qu'en ce qui les concernait : plusieurs bâtimens vinrent les prendre pour les conduire à Mahon et à Palma. ”
Élisabeth Cassaigneau, Les cinq années de maladie de mon chevalier… (1876)
“ La pénurie d'argent me fit songer à affermer mon enclos, non-seulement pour en tirer un revenu, mais encore afin de pouvoir y puiser pour mon ménage sans qu'il m'en coûtât de payer des mains-d'œuvre. Je trouvai un horloger qui voulut me les louer, et j'y consentis moyennant un modeste prix, tout en me réservant mes droits de proprié- taire. ”
A Schubart, Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans les guerres de la Révolution… (1828-1838)
“ Ces ruses tenaient les esprits en suspens, quoiqu'une fermentation sourde devînt'journel- lement plus inquiétante et que la pénurie des subsistances produisît déjà quelques murmures. Cette pénurie était telle qu'on vit des malheureux mourir de faim, de riches négocians réduits à ne pourvoir que très difficilement aux premiers besoins de la vie, et des employés de l'ancien gouvernement mendier leur pain à la porte des généraux et des administrateurs, qui nageaient dans l'abondance et le luxe. ”
Jean Philippe Schmit, Le Catéchisme de l'ouvrier, par J.-P. Schmit… (1848)
“ Quand on souffre, on s'en prend à tout, c'est dans la nature. L'enfant qui est tourmenté par une dent qui pousse, bat sa nourrice, qui pourtant n'est pas la cause de son mal. ' Les ouvriers sans ouvrage, ou forcés de tra-. vailler à des prix qui ne leur permettent pas d'avoir du pain, ont accusé de leur pénurie le travail fait dansles communautés et dans les prisons. ”
P. Robert, Nouvelle organisation du travail… (1848)
“ LAURENT. Comme cela, il n'y a donc pas de mieux possible dans la condition du malheureux ouvrier? Il faut donc qu'il meure de faim, ou que son salaire soit insuffisant? Oh ! c'est une perspective effrayante pour nous tous, qui ne demandons qu'à user notre corps par les nobles fatigues du travail, et à manger honnêtement un morceau de pain pétri de nos sueurs! Que faut-il donc faire? ”
Étienne Cabet,
L'ouvrier : ses misères actuelles…
(1844)
“ Etonnezvous maintenant que l'ouvrier ait des défauts et des vices ! Que vous dirai - je de l'apprentissage de l'ouvrier? Vous savez que ses pauvres parents lui imposent souvent, sans le consulter et même contre son goût, le métier qui convient le mieux à leur misère. S'il choisit lui même, c'est au hasard, sans rien connaitre, ni sa capacité, ni les diverses professions, ni les besoins et les chances de chaque industrie. Que d'ouvriers regrettent toute leur vie de n'avoir pas un autre état! que d'ouvriers, médiocres dans leur emploi, seraient des génies dans un autre ! ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère
(1846)
“ Doublez le salaire normal de l’ouvrier, vous l’invitez à la paresse, vous humiliez sa dignité, et démoralisez sa conscience ; — ôtez-lui le prix légitime de ses efforts, vous soulevez sa colère, ou vous exaltez son orgueil. ”
Philippe et Henri, dialogue politique
“ Elle sait qu'avec l'ordre, le propriétaire, l'industriel, le négociant, les hommes de toutes les professions et de tous les états l'emploient, lui donnent du travail, lui donnent des salaires, la font vivre et prospérer ; elle sait que dans le désordre, que dans les émeutes, les ateliers sont fermés ou pillés, les travaux interrompus, que les salaires cessent, et que les cris qui retentissent dans les rues ne produisent ni pain ni vêtements pour les ouvriers et pour leur famille. ”
Alexandre Le Saulnier, Ouvriers des usines et des manufactures au point de vue juridique et économique… (1888)
“ En vérité c'est de l'ingratitude, c'est même plus encore, c'est de la folie ! Et quelle forme de rémunération de leur travail les mettra jamais plus A l'aise dans leur vie au jour le jour, vie que mènera dans toute société celui dont le pain est à la merci d'un accident, d'une maladie ou de la concurrence industrielle ? ”
Tiburce de Thorigny, Plaidoyer de M. de Thorigny dans le procès de la Gazette de France… (1849)
“ Le peuple le sent bien lui-même, quand il voit revenir son patron, après une journée de fatigues et de démarches, rapportant, au lieu de belles commandes, de ces travaux chétifs, précaires, souvent au rabais, qui découragent l'entrepreneur et l'ouvrier. ”
Augustin Devoille, Le Tour de France, par A. Devoille (1861)
“ Vous ne répondez point à l'objection que je vous ai faite : le pauvre ouvrier a besoin de vivre le dimanche comme le lundi. En lui enlevant le septième de son travail, vous le privez du septième de son salaire, et, par conséquent, vous lui ôtez le moyen de vivre. ”
P. Francq, Promenades dans les champs, ou Visites à la ferme et à l'exploitation de M. Dumont (1865)
“ Leur salaire qui devait suffire à leur entretien, à leurs besoins, ils le dissiperont dans de folles orgies; et ces beaux habits qu'ils avaient tant de hâte d'acheter, ils disparaîtront un jour pour faire place aux haillons de la misère. Le besoin creusera leurs joues, affaiblira leurs bras vigoureux. ”
Henry George,
Progrès et Pauvreté
“ De tous les points du monde civilisé s’élèvent des plaintes sur la crise industrielle, sur la situation malheureuse de l’ouvrier condamné à une oisiveté involontaire, sur le capital amassé et gaspillé, sur la détresse pécuniaire des hommes d’affaires, sur les besoins et les souffrances de la classe ouvrière. ”
Armand-Ambroise Rochoux, Organisation du travail. Solution présente… (1848)
“ Si la prime existe, mais insuffisante, augmentez-la. Mais, dans aucun cas, ne laissez subsister cette liberté de retrancher du salaire, une partie indispensable pour la vie de l'ouvrier. Vous obtiendriez sans doute, par là, une prospérité magnifique pour votre industrie ; mais à côté vous auriez une misère effroyable, la raison du désespoir se ferait entendre encore, et votre liberté monstrueuse serait renversée de son piédestal. ”
N. Pierson, La question des grands magasins devant les Chambres (1892)
“ Jette volontairement un voile sur les tristesses et les désespoirs de ces déplacements, de ces exodes douloureux à la recherche d'un gagne-pain qui se dérobe, les souffrances aussi de ceux dont le métier à déjà trop d'occupants et qui sera occupé encore davantage, et où se produira une inévitable baisse de salaires. ”
A. Coutant, Organisation du travail. Discussion entre le journal "le Globe" et un ouvrier typographe (1844)
“ Que proposez-vous, hommes du Globe, pour retirer de la misère ces millions de braves gens? raient en nombre égal les conseils des prud'hommes pourraient-ils se concilier? Il faudra, si l'on veut, départager les voix; mais si c'est la voix d'un maître qui fasse pencher la balance, le salaire est diminué. et l'ouvrier meurt de faim, toujours selon la Ruche ; et si c'est la voix d'un ouvrier, le maître ne peut supporter la concurrence, et il se ruine. ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ Et, cette élite ôtée, parmi la foule des ouvriers à bas ou moyen salaire, n’y en a-t-il point, et de plus nombreux, qui soient eux aussi à une très grande peine, qui aient eux aussi à donner un effort prompt ou violent dans une chaleur épuisante ? ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère
(1846)
“ Par les nouveaux procédés, ils ont perdu neuf journées de leur travail sur dix ; et pour compensation, on leur montre le fouet de la nécessité levé sur eux ! Alors, s’ils refusent de travailler pour un moindre salaire, on leur prouve que c’est eux-mêmes qu’ils punissent. ”
Maurice Rigaux, Les six boucles du lasso : une introduction au don de soi (1926)
“ Si tu gaspilles, si tu abîmes, si tu mets tes affaires sens dessus dessous, si tu te défiles au moment de faire les commissions, le nettoyage, le service de table, que sais-je ? — tu n'es qu'un égoïste, un profiteur inutile, un parasite familial... et tu mérites d'être remis en place ; le travail courageux : travail salarié de l'apprenti, de l'employé ou de l'ouvrier dont le gain, conscien- cieusement remis à la caisse commune, rembourse en quelque manière les dépenses à vide faites si longtemps pour toi ”
V. F. Maisonneufve, Tony Révillon : la presse populaire (1869)
“ Mais ici, l'individu se confond et se perd dans la masse. Quel travail improviser, quand il s'agit d'occuper des milliers et des milliers de bras ? Quel moyen efficace mettre-en œuvre pour remplacer un salaire énorme et régulier ? ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Incessamment préoccupé des besoins de sa famille, auxquels il suffit à peine au jour le jour, voyant une folle concurrence amoindrir son salaire, l’artisan laborieux sera chagrin, abattu, l’heure du repos ne sonnera pas pour lui, une sorte de lassitude somnolente interrompra son travail exagéré... ”
Hortense Allart de Thérase,
La Femme et la démocratie de nos temps
“ À un ouvrier pauvre on dit : — Vivez aussi mal et aussi tristement que vous pourrez ; épargnez sur vos rares plaisirs, sacrifiez le dimanche et déposez dans la caisse d’épargne votre pénible économie. ”
H. Vidal, Simple réplique au livre de M. Louis Blanc… (1848)
“ Voyez la position d'un chef d'établissement obligé de rendre de tels comptes chaque jour, chaque heure, à chaque ouvrier qui veut quitter sa maison. Nous avons supposé un fabricant qui prospère ; mais pour un qui réussit, combien végètent, combien se ruinent! Plusieurs finissent par la faillite, quelques-uns par le suicide. Beaucoup, après de longs travaux, se retirent plus pauvres qu'avant de s'établir. ”
Georges Renard, La nature et l'humanité (1925)
“ Qu'au contraire un patron dispersant au dehors Ses offres de travail, ses métiers, ses commandes, Eût pour exécuteurs de ses œuvres marchandes Des isolés, restant chez eux, et, pour cela, Plus aisés à soumettre, à brimer sans éclat, Salaires de famine et trop longues journées Furent le lot commun des foules condamnées A ces travaux forcés que subissait leur faim. ”
Henry Charles Carey,
Principes de la science sociale
“ Si nous estimions le salaire à un penny pour tout le cours de l’année, nous ferions erreur ; l’emploi des bras n’était qu’accidentel, laissant sans la moindre demande une large portion de la force-travail. ”
Adolphe Thiers,
De la propriété
(1848)
“ Vous voulez enfin une organisation du travail : en voilà une, toute trouvée, toute facile, qui combine ensemble l'ouvrier jeune, l'ouvrier médiocre, l'ouvrier habile, et qui est tout à la fois un système d'éducation, de surveillance, de rémunération exactement proportionnelle au travail produit. Elle existait, et vous l'avez détruite ! 0 bienfaiteurs des ouvriers, applaudissez - vous de votre génie créateur ! ”
M. A. Rocher, Le Christianisme, l'empire et l'ouvrier… (1866)
“ Riches ! vos champs que l'ouvrier cultive avec tant de peines, sont couverts d'épis jaunissants ; vos greniers fléchissent sous le poids de froments savoureux, et vos tables sont chargées de mets exquis. Voulez-vous que le ciel bénisse vos moissons et votre nourriture, donnez à ces malheureux le pain dur et vieilli que vous ne pouvez manger. ”
Abbé Poujal, Ma justification, dédiée au Président de la République française… (1850)
“ Mais, du moins, ce surcroît de peine leur est-il payé en sus du travail de la semaine? Non. Le dimanche les ouvriers travaillent pour rien , tout est au profit du maître. N'est-ce pas abuser et de la santé et de la conscience du peuple? Pauvre peuple! Vous rongez le frein sans rien dire; la crainte de perdre un travail nécessaire vous ferme la bouche. C'est à nous seulement que vous osez , dans le secret, confier votre douleur. C'est nous qui recevons vos plaintes, qui entendons vos cris , et notre coeur est déchiré. ”
Édouard Clavery, Extrême-Orient 1940 (3ème édition… (1940)
“ Pour un travail pénible vous gagnez à peine quelques sous par jour. Pas même de quoi vous nourrir et nourrir vos enfants qui ont faim. Vous peinez de longues heures, courbés sous de lourdes charges. Et votre patron l'Anglais, lui, que fait-il ? ”
Barnabé Chauvelot, Extinction de l'idée révolutionnaire… (1852)
“ Par moi, le revenu est constamment déplacé , le travail supprimé et le salaire anéanti. J'appelle, je séduis des légions de travailleurs, puis quand ils ont tout quitté pour me servir, pour se donner à moi, je prends subitement une autre forme, je vais dans d'autres lieux et j'abandonne mes victimes. ”
Alfred Mézières,
La société française : le paysan…
(1869)
“ Sa place ne lui suffit point. Il va se remettre à l'oeuvre jusqu'à minuit pour assurer le pain de sa famille. Dans ces magasins si élégants, sous ces plafonds dorés que le prolétaire regarde avec amertume, que d'inquiétudes, que de soucis, que d'efforts pour couvrir les frais du loyer, le luxe de l'installation! Combien n'y réussissent pas, combien restent accablés sous le poids de leurs charges ! La liste des faillites est longue chaque année. Les ouvriers y apprendraient à se défier des jugements précipités, à ne pas supposer que 'a fortune existe partout où ils en voient l'étiquette. ”
Melchisedech Rothschild, L'Art de gagner de l'argent, rendu tout à la fois facile et agréable et mis à la portée de tous… (1848)
“ Ils fabriquent tous à perte, et courent à une ruine prochaine. Pour une place qui vient à vaquer dans les compagnies d'assurance, dans les chemins de fer, voire dans les études enfumées d'huissier, il y a cent compétiteurs pour se la disputer. Il ne se passe pas de jour où les chefs d'ateliers ne refusent d'embaucher vingt ouvriers venant demander de l'ouvrage, et offrant de se louer au rabais parce qu'ils manquent de pain. Raison de plus pour que vous ayez soin de bien garder votre argent dans votre poche. ”
Georges Weulersse, Chine ancienne et nouvelle : impressions et réflexions (1902)
“ Ils ont perdu leurs habitudes de travail opiniâtre, incessant, réglé par les besoins de chaque jour auxquels le salaire journalier suffisait tout juste. Des ambitions se sont éveillées, des tentations se sont glissées dans leurs âmes obscures, ambitions et tentations malsaines faites de fol orgueil et de cupidité. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Quand par hasard le coupable qui a subi sa peine trouve dans les plus vils et les plus pénibles travaux, les seuls qui lui soient permis par l’absence d’ouvriers, de quoi gagner un salaire de quinze à vingt sous par jour, il lui faut là-dessus subvenir à tous ses besoins, peut-être à ceux d’une famille !... ”
