Augustin Devoille

Résumé

Augustin Devoille Le Tour de France, par A. Devoille (1861)

Non, non, bon père, répondit Pernot, en serrant cette main desséchée, et en se jetant à terre, pour baiser le front qu'il venait de reconnaître.
Mais son coeur serré ne lui permettait pas d'en dire plus. La chaleur de son étreinte acheva d'exprimer, la force de ses sentiments. C'était l'ami de son enfance, son cher précepteur, son second père, le bon moine de l'abbaye, qu'il démêlait, enfin, sous ces traits amaigris par la pauvreté, l'âge et la maladie. Quelle surprise ! Quelle douloureuse émotion !
Source : Gallica

Augustin Devoille Le Tour de France, par A. Devoille (1861)

L'ostentation et le respect humain, répétait-il souvent, sont deux fruits de la même racine, l'orgueil. Il y a dans l'une et dans l'autre une égale faiblesse. Celui qui remplit un devoir par ostentation, est un vaniteux hypocrite qui blanchit le dehors du vase, sans s'inquiéter du dedans. Celui qui l'omet par respect humain, est un lâche qui redoute la critique des hommes, et ne se soucie point du jugement de Dieu ; c'est un poltron qui n'ose affronter le misérable dédain de gens qu'il méprise, peut-être ; et se rend méchant luimême, de peur de paraître bon.
Source : Gallica

Augustin Devoille Le Tour de France, par A. Devoille (1861)

Vous vous sauverez, Pernot, plus aisément à Paris que vous ne l'eussiez fait à Toulouse, peut-être. Les villes moins importantes sont comparables à un courant étroit, mais rapide, où les barques courent plus de chances de périr que sur une nappe d'eau plus étendue. Il est bien vrai que le foyer de corruption est vaste et actif à Paris ; mais la vertu y a aussi son foyer d'action; elle ne s'y gêne pas, elle y va tête levée, ses allures sont libres; peut-être même puise-t-elle, dans le voisinage du vice, un stimulant, une vigueur de résolution, qu'elle ne rencontrerait pas ailleurs.
Source : Gallica

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