Henri Vendel, Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)
“ France immortelle, seul Dieu connaît ton destin. S'Il t'a placée, vigie, à cette proue du monde, n'est-ce pour dominer sur la ruée des ondes ? n'est-ce pour guider l'homme au Royaume divin ? Née du plus tendre amour de la terre et du ciel, le lys fut ton orgueil, le rire ta parure. La raison devint Rose et la folie mesure, quand aux nues ta pensée tendit son arc-en-ciel. Verger toujours en fleurs dont l'esprit fut l'abeille, nid le plus duveteux de la sagesse ailée, ta gloire aux gouffres noirs s'en est-elle envolée ? ”
