Résumé

Henri Vendel Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)

France immortelle, seul Dieu connaît ton destin. S'Il t'a placée, vigie, à cette proue du monde, n'est-ce pour dominer sur la ruée des ondes ? n'est-ce pour guider l'homme au Royaume divin ?
Née du plus tendre amour de la terre et du ciel, le lys fut ton orgueil, le rire ta parure.
La raison devint Rose et la folie mesure,
quand aux nues ta pensée tendit son arc-en-ciel.
Verger toujours en fleurs dont l'esprit fut l'abeille, nid le plus duveteux de la sagesse ailée,
ta gloire aux gouffres noirs s'en est-elle envolée ?
Source : Gallica

Henri Vendel Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)

Les mages qui lisaient dans le ciel de décembre, tous les mages sont morts,
et des griffes d'acier, belle nuit, sur tes membres font goutter un sang d'or.
Quel abri, hors nos cœurs, trouvera l'Enfant-Dieu ? Sont-ils purs ? seront-ils la crèche calme et tiède où l'espoir se réchauffe ? Il vente, il neige, un feu vomi d'enfer brûle les morts et nous obsède.
Vous qui voyez, Seigneur, nos folies et nos peines, aux âmes dévastées que votre main d'enfant pour ce Noel amène la colombe de paix !
Source : Gallica

Henri Vendel Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité (1945)

Où les mondes vont-ils par la nuit sans chemins et quel destin les guide ignoré de nos livres ?
Je me suis éveillé de mes songes humains et reste seul, avec cette angoisse de vivre qui fut celle d'Adam chassé hors du Jardin, quand il ne reconnut son monde familier et que les tigres blonds dans les bois eurent faim.
Qui veille ? Le soldat, au rempart oublié,
ferma ses yeux pesants. Je suis seul et l'abîme s'est ouvert devant moi. Nul secours, vains appels. Je suis seul. Tout le poids de l'infini m'opprime à regarder la terre aux hommes infidèle,
la terre ivre parmi le ciel incendié.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature