Georges Rollin

Résumé

Georges Rollin Sous la cuirasse : poésies (1915)

Car il prolonge indiscutable, autoritaire, — Qu'il protège le sol ou qu'il montre les cieux — Le geste de prière ou d'amour des aïeux Qui ne permettraient pas qu'on touchât à leur terre.
Adieu donc : aux jardins du songe, les meilleurs, Nous avons, mes amis, vu des formes divines, Écouté le frisson du vent dans les ravines, Frôlé tant de rayons, respiré tant de fleurs,
Nous avons tant sondé les mers, les yeux de femme, Arpégé tous les sons épars dans l'infini, Qu'un peu de leur splendeur est entré dans notre âme Et qu'elle en restera chantante comme un nid !
Source : Gallica

Georges Rollin Sous la cuirasse : poésies (1915)

Ami, va te griser d'espace et de mirages ; Mais, parfois, sous l'azur aveuglant et brutal S'il t'advient de rêver à nos doux paysages Où l'air, comme un baiser, descend du ciel natal,
Tu reverras soudain nos vallons bleus de lune, Et nos coteaux de France et leurs souples contours : La plainte de l'Arabe attardé sur la dune Te semblera la voix de nos petits pâtours.
Il n'est pas sous le ciel d'être qui ne regrette Un rêve évanoui : l'aigle tombé son vol, L'hirondelle son toit, le chaume son aigrette, La lèvre sa chanson, et l'exilé son sol.
Source : Gallica

Georges Rollin Sous la cuirasse : poésies (1915)

Dans la vie où tout est mensonge Chacun de nous poursuit toujours, Porté sur les ailes du songe, Un rêve d'espoir et d'amours.
Dans la vie où tout est mensonge On se berce à rêver toujours.
Notre chimère pour monture, Le vertige au cœur, nous courons Traînant le mal qui nous torture Et du sang à nos éperons.
La Chimère est notre monture, L'amour nous tient lieu d'éperons!
Comme ces feux au crépuscule Qu'on voit s'éloigner dans la nuit, Plus la Chimère vole à lui, Plus l'horizon vide recule.
Source : Gallica

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