René Fernandat

Résumé

René Fernandat Le royaume des cieux : poèmes (1932)

Je crois entendre la prière du Matin...
Devant vous, j'ai pensé tout haut, et mes secrets, Vous les avez gardés en votre cœur sauvage,
Je me suis fait une âme altière à votre image. Et dans la solitude austère, je mourrai.
O matin, viens sourire à l'homme épouvanté, Montre que le Soleil de justice étincelle Dans le Ciel, et qu'un flot de lumière éternelle Peut déferler sur notre monde et l'enchanter !
Rends la Terre pareille à l'univers naissant,
Et qu'un instant de l'aube tendre nous redise Combien la grâce de l'aurore fut exquise Quand le monde glissa des mains du Tout-Puissant !
Source : Gallica

René Fernandat Le royaume des cieux : poèmes (1932)

Mais la lutte, en mon cœur, chante une hymne infinie; Je n'ai pas vu la mort m'emporter dans ses bras,
Le feu n'a point brûlé tous mes rêves ingrats,
Et j'entends, sous mes pas, les appels de la terre Qui m'invite à porter en moi-même la guerre,
A vivre dans le trouble et le bruit des cités,
Sans être de mon deuil jamais épouvanté.
Je sens que je ne peux rester; la vie humaine,
Si triste cependant, au vieux monde m'enchaîne ;
Je veux souffrir content, après avoir vu Dieu Tendre au-dessus de moi le dais mystérieux D'un bonheur où mes yeux allaient chercher la joie
Source : Gallica

René Fernandat Le royaume des cieux : poèmes (1932)

Aurore, viens bénir les champs ensemencés,
Les blés dont les épis sont moins lourds que nos peines, Le sinueux sentier qui visite les plaines,
La forêt dont mes yeux ne sont jamais lassés.
Bondis dans la prairie et les jardins en fleurs, Que la vigne tressaille en buvant ta lumière, Dans le cœur désolé fais vibrer la prière Et mûrir un espoir sur la longue douleur !
Quand l'homme va revivre, ô triomphant matin,
Il voudrait retrouver les traces de la joie,
Mais le calme bonheur, c'est Dieu seul qui l'envoie, Et tu es un rayon qui luit dans l'incertain.
Source : Gallica

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