René Fernandat, Voyage au purgatoire : poèmes (1934)
“ O supplice infini que la vaste rumeur Des flots, qui, sans pitié, viennent battre mon cœur! Ils me redisent tous les mots dont, sur la terre, Mon amour a souvent caressé le mystère, Tous les gémissements liés à mes désirs Et le rêve émané de mes tendres soupirs... Je reste seul... l'écoute, et la vague amoureuse A les bondissements de la jeunesse heureuse, Son mobile caprice, innocemment pervers, Et ses cris arrachés à l'âme du désert. Est-ce donc que la mer visite ses rivages, Et baise, dans la nuit, leurs humides visages, Car la terre est mêlée à ses glauques cheveux! ”
