Céleste Guinard, Auguste et Noémi : souvenir d'une mère (1841)
“ Noémi, frais bouton de rose, Enfin sur mon sein je te pose ; Tu fixes mes regards ravis. Grâce aux souffrances de ta mère, Tu boiras à la coupe amère; Je te vois, je te tiens, tu vis. Tu vis !. et le bonheur m'enivre , Comme s'il était bon de vivre, Et qu'il fût doux de voir le jour. Tu vis, et mon âme se noie Dans des flots d'ineffable joie, Et n'est plus qu'espoir et qu'amour. Et toi, sur le courant perfide, Tu vas, confiante et candide, Lancer ton fragile vaisseau. Et-tu ris, comme dans les langes L'enfant divin riait aux anges Veillant autour de son berceau. ”
