Marceline Desbordes-Valmore,
Pauvres fleurs
“ Veux-tu remonter le bel âge, L’aile au vent comme un jeune oiseau ? — « Pourvu qu’il dure davantage, Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau ! » Veux-tu rapprendre l’ignorance, Dans un livre à peine entr’ouvert : Veux-tu ta plus vierge espérance, Oublieuse aussi de l’hiver : Tes frais chemins et tes colombes Les veux-tu jeunes comme toi ? — « Si mes chemins n’ont plus de tombes, Oh ! oui, mon Dieu ! rendez-les moi ! » Reprends-donc de ta destinée, L’encens, la musique, les fleurs ! Et reviens d’année en année, Au temps, qui change tout en pleurs : Va retrouver l’amour, le même ! ”

