Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore

Résumé

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore A mes jeunes amis , Mme Desbordes-Valmore… (1830)

Calme, elle n'offre à Dieu qu'un cœur reconnaissant.
A travers le rideau que sa main vient d'étendre, Elle entend respirer l'enfant dans son sommeil : Qui voudrait l'arracher à cette erreur si tendre?
Elle écoute son souffle; elle attend son réveil.
Ah! ne soulevez pas ce rideau qui l'enchante, Pareil au voile épais tombé sur sa raison : L'enfant, s'il vit encore, est loin de sa maison; Et près d'un berceau vide elle prie. elle chante.
Dans sa vague tristesse, on la voit tout le jour, Et sans nous reconnaître à peine, Contre son sein bercer une ombre vaine, Et lui parler avec amour.
Source : Gallica

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore A mes jeunes amis , Mme Desbordes-Valmore… (1830)

Et toutefois le loup dévorait la plus belle De ses belles brebis ; Et, pour punir l'enfant qu'il traitait de rebelle, Il lui montrait les dents, et rompait ses habits : Et le pauvre menteur, élevant ses prières, N'attristait que l'écho; ses cris n'amenaient rien.
Tout riait, tout dansait au loin sur les bruyères : « Eh quoi ! pas un ami, dit-il, pas même un chien ! »
On ajoute, et vraiment, c'est pitié de le croire, Qu'il serrait la brebis dans ses deux bras tremblans, Et, quand il vint en pleurs raconter son histoire,
On vit que ses deux bras étaient nus et sanglans.
Source : Gallica

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore A mes jeunes amis , Mme Desbordes-Valmore… (1830)

Et quand je l'entendais passer dans les ténèbres Je disais : « C'est la Mort ou le vieux oiseleur. »
Mais tout change : l'autan fait place aux vents propices, La nuit fait place au jour,
La verdure, au printemps, couvre les précipices; Et l'hirondelle heureuse y chante son retour.
Je revis le berceau , le soleil et les roses.
Ruisseau, tu m'appelais, je m'élançai vers toi.
Je t'appelle à mon tour, clair ruisseau qui l'arroses; J'écoute, réponds-moi!
Qu'a-t-on fait du bocage où rêva mon enfance?
Oh! je le vois toujours ! j'y voudrais être encor !
Source : Gallica

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