Résumé

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore Les Poésies de l'enfance, par Mmes Desbordes-Valmore… (1876)

Un oiseau nous a dit : « Chantez ! »
Un roseau nous a dit : « Courage! »
Dieu, qui soutenez le roseau,
Dieu, qui donnez l'aile à l'oiseau,
Donnez l'âme à notre prière
Pour qu'elle vous plaise, ô mon père ! »
Voix d'enfants, priez donc pour nous, Car l'innocence est avec vous.
— « Dieu juste, écartez les alarmes Des heureux qui donnent toujours; Donnez-leur autant de beaux jours Qu'ils nous ont épargné de larmes ! Dieu, qui soutenez le roseau, Dieu, qui donnez l'aile à l'oiseau, Donnez l'âme à notre prière
Pour qu'elle vous touche, ô mon père. »
Source : Gallica

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore Les Poésies de l'enfance, par Mmes Desbordes-Valmore… (1876)

Pourtant c'est par le coeur, cette bible vivante, Que je compris bientôt qu'on me faisait savante : Dieu! le jour n'entre-t-il dans notre entendement Que trempé pour jamais d'un triste sentiment ?
Un frèle enfant manquait aux genoux de sa mère : Il s'était comme enfui par une bise amère, Et, disparu du rang de ses petits amis, Au berceau blanc, le soir, il ne fut pas remis. Ce vague souvenir, sur ma jeune pensée, Avait duré deux ans et puis m'avait laissée ; Je ne comprenais plus pourquoi, pâle de pleurs, Ma mère, vers l'église, allait avec ces fleurs.
Source : Gallica

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore Les Poésies de l'enfance, par Mmes Desbordes-Valmore… (1876)

Enfant! mot plein de ciel, qui fait reine ou martyre, Couronne des berceaux! auréole d'épouse! Saint orgueil! noeud du sang, éternité jalouse, Dieu vous fait trop de pleurs pour vous anéantir!
C'est notre âme en dehors, en robe d'innocence,
Hélas! comme la vit ma mère à ma naissance :
Et si je la contemple avec d'humides yeux,
C'est que la terre est triste, et que l'âme est des cieux!
O femmes ! aimez-vous pour vos secrets de larmes, Par les devoirs sans bruit où s'effeuillent vos charmes ; Après vos jours d'encens dont j'ai bu la douceur, Quand vous aurez souffert, appelez-moi ma soeur !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature