Eugène Paillange

Résumé

Eugène Paillange Les heures de nuit (1842)

Mais hélas ! ce bonheur n'est qu'un songe éphémère Au réveil — il s'enfuit v— Il aime le repos — le réduit solitaire, Le cœur brûlant d'amour du malheureux trouvère Son grabat et la nuit —
0 charme de mes nuits, divine et sainte image, Sans ton voile jaloux, Oh ! viens, et que ma bouche effleure ton visage, Et que mes mains encor pressent sous ton corsage, Tes seins si blancs, si doux !
J'ai vu ton front pâlir et t'ai dit : Dieu t'envoie, Ange, je n'ai qu'un jour — Dans des flots de plaisirs il faut que je me noie, Au sein des voluptés que j'étreigne la joie, Car demain — plus d'amour !
Source : Gallica

Eugène Paillange Les heures de nuit (1842)

Et que mon faible esquif, sous un vent soutenu Aille gagner — rapide — un rivage inconnu, Je ne dirai jamais : - Patrie !
Hé! sais-je où je suis né? — Nulle part on se dit, Est-il ou n'est-il pas, ce qu'il fait, ce qu'il fit, N'occupe et n'occupa personne : Et quand brille un éclair sur un sombre horizon, Quand la foudre mugit, pour moi s'étonne-t-on Qu'il pleuve, qu'il grèle ou qu'il tonne !
Et si pendant la nuit, quand murmure mon cœur, S'échappe de mon sein un long cri de douleur, Pour moi, pas de voix consolante.
Source : Gallica

Eugène Paillange Les heures de nuit (1842)

Le vent fraîchit, la fleur qui se tenait à peine, Se dresse et boit aux flots de l'onde. - son haleine Enivre les bosquets de ses parfums exquis.
L'oiseau qui se taisait, gazouille, et son ramage Charme les doux loisirs et peuple le feuillage , D'ineffables concerts, de soupirs et de bruits. -
Quelle grande leçon, ange ! que la nature Offre à tes divins yeux ; reçois-la sans murmure, Et verse sur mon cœur un mot — un doux aveu — Que tes yeux soient pour moi l'astre qui nous éclaire, Ta voix l'eau du torrent, dont s'enivre la terre, Et le bonheur après : - ainsi l'a voulu Dieu!
Source : Gallica

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