Édouard L'Hôte

Résumé

Édouard L'Hôte Les primevères : poésies (1834)

Le peuple à ce signal, comme un flot sur la grève, Houle et gronde, et dit en passant:
« Liberté ! » Dans leurs mains s'agite un cimeterre : «Vivre libres, sinon mourir ! »
Sur ces rouges sillons, innocent prolétaire, Sème le grain pour te nourrir!-
« Liberté ! » C'est un feu qui dévore le trône, Phénix renaissant tour-à-tour !
Hier eucor nous forgions le sceptre et la couronne Du roi qu'appelait notre amour!
Hier brûlaient à ses pieds comme des parfums d'ambre Doux espoir d'un règne immortel ; Mais quand la foi s'éteint dans le cœur du Sicambre, De ses mains il brise l'autel!
Source : Gallica

Édouard L'Hôte Les primevères : poésies (1834)

Et ces désirs ne sont que l'instinct de nos ailes Qui tentent un essor de leurs plumes nouvelles, Sans savoir en quels lieux !
Aucun de ces faux biens qu'on demande à la terre , Où la déception profane le mystère, Ne vaut un souvenir.
Jeunes gens, élevons nos regards vers ces voûtes Dont notre intelligence a déserté les routes; C'est là qu'est l'avenir!
C'est là que tend notre ame en ses inquiétudes; Cette soif, cet amour et ces sollicitudes Des grandeurs d'ici-bas, Ne sont qu'un faux mirage où l'esprit se fourvoie ; La pensée est un monde et promet une voie Plus parfaite à nos pas!
Source : Gallica

Édouard L'Hôte Les primevères : poésies (1834)

Jamais elle ne t'abandonne : Ton aine est sans mystère et ta beauté sans fard!
Heureux, à te servir si dévouant ma vie, Oublieux d'autres soins et du monde abhorré, Je trouvais, insensible à ce que l'homme envie, Un désert avec toi, de la foule ignoré !
Là, des mille caprices Des femmes de nos jours Fuyant les injustices, Les coupables détours; Mon cœur, dans son ivresse, Bénirait le Seigneur Qui mit dans la tendresse Un secret du bonheur!
Là, plaignant l'inconstance Qui, sitôt qu'il commence Brise un lien doré, Et tous les soirs convole
A quelque amour frivole
Source : Gallica

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