Résumé

Jacques Replat Duingt, Menthon et Montrotier, chronique du temps du Comte-Vert… (1835)

Cependant, des croisés la dernière fanfare A troublé les échos des murs de Montrotier; On n'entend plus au loin qu'un torrent qui s'égare, Ou le son triste et lent des refrains du berger.
Bien des fois le soleil, au bout de sa carrière, A de pâles reflets clair-semé la bruyère Depuis que ce départ a troublé le vallon, Et comme une colombe au toit du vieux donjon Suspend son nid fragile et mouvant à l'orage, Dans la sombre tourelle Isaure voit ses jours Naître et passer, et son jeune âge Se berce doucement au rêve des amours.
Source : Gallica

Jacques Replat Duingt, Menthon et Montrotier, chronique du temps du Comte-Vert… (1835)

Mais le sire de Duingt, à sa bonne monture A fait sentir son éperon ; Le cheval élancé sur deux pieds se soulève, Passe en bondissant sur le glaive, Et fuit!.. Le jeune sire a respecté les jours Du vieux père de son Isaure; Lui, de rage écumant encore, Avec force criait : « Partout Menthon! Toujours ! ».
Il suit le fugitif qui touchait à la rive Où du torrent l'onde captive Entre deux rochers noirs creuse un gouffre sans fond; Le cavalier des yeux mesure leur distance, Et déjà son cheval se lance, Prêt à la traverser d'un bond.
Source : Gallica

Jacques Replat Duingt, Menthon et Montrotier, chronique du temps du Comte-Vert… (1835)

Au sourire de la nature Sa bouche répondait.
Quand d'Isaure le pied timide Glissait sur le sentier rapide, Loïs contre son cœur la pressait à demi, Et lors la gente damoiselle Dans un baiser furtif murmurait : « Doux ami !» Loïs était heureux. Et qu'Isaure était belle!
Leurs lèvres se disaient : « Toujours !» De leurs jeunes amours Ils allaient, ils allaient contant la longue peine.
«Troubadour, sois fidèle! »—« Aime-moi, châtelaine!» Ils allaient, ils allaient lentement et tout bas.
Car lorsqu'on a beaucoup à dire, On va, comme du bord le flot qui se retire, A basse voix, à petits pas.
Source : Gallica

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