Charles Augustin Sainte-Beuve

Charles Augustin Sainte-Beuve

Résumé

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Livre d'amour (1843)

Jeune fille n'est rien (Si belle qu'elle brille aux côtés de sa mère) , Rien qu'un beau marbre blanc aux mains du praticien,
Qu'il mène à point, dit-on, mais que seul pousse à bien, Avant que dans Milo, déesse, on la révère, Le Sculpteur au génie amoureux et sévère.
L'époux vient et se croit ce grand Corinthien : Il s'éprend du Paros, il arrondit l'ivoire, Et dans son nom inscrit s'applaudit de sa gloire.
L'Amant, s'il vient plus tard, a tout fait en un jour : Sans lui ce sein mourait ; il met l'âme au sourire ; te front dormait de marbre, un éclair le déchire.
Source : Gallica

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Livre d'amour (1843)

N'est-ce pas vrai, dis-moi? dis si mon cœur devine Et ton âcre insomnie , et ta joie enfantine, Et durant les oublis, aux instants les meilleurs, Ton souris négligent égaré dans les pleurs.
Non, tant d'amour n'est pas de ces tièdes contrées, Paris ne mûrit point ces passions sacrées ; Son soleil est trop froid et son monde trop vain.
Femme, où donc as-tu pris ta part du feu divin?
Où posa ton berceau? quel soleil d'Idumée Féconda longuement ton enfance embaumée,
Et du plu chaud arôme et du plus doux poison Couva le lourd mélange au fond de ta raison ?
Source : Gallica

Portrait de Charles Augustin Sainte-Beuve Charles Augustin Sainte-Beuve Livre d'amour (1843)

Mon âpreté de sage, attiédie aux zéphirs, Laissa du premier jour courir tous mes désirs ; Ma raison oublia de régner davantage. Ainsi c'était faiblesse, inconstance, partage, Tendresse qui chantait quelque volage espoir, Et ne savait, hélas ! lancer ni recevoir L'étincelle rapide et de foudre mêlée, D'où prend feu sur son char l'âme au ciel envolée.
Tout me vint de l'aveugle habitude et du temps.
Au lieu d'un dard au cœur, comme tes combattants, J'eus le venin caché que le miel insinue, Les tortueux délais d'une plaie inconnue, La langueur irritante où se bercent les sens
Source : Gallica

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