Résumé

J.-X. Lirou-Bastide Mandragores, poésies par J.-X. Lirou-Bastide (1854)

Une fleur dont l'hiver entre ses doigts de glace Ne saurait étouffer la racine vivace, Tant ses fauves rejets la cramponnent au sol.
Sa tige aux bras velus, cylindrique, herbacée, Après un long sommeil ressuscite, élancée, Quand sur les Mahaleb chante le rossignol.
Ses feuilles, deux à deux et souvent inégales , S'allongent au printemps, grandes, molles, ovales.
Luride est leur aspect, un vert sombre les teint; Et le pâle reflet qui parfois les anime Semble un de ces rayons qui nagent sur l'abîme, Ou l'éclat d'un soleil d'automne qui s'éteint.
Source : Gallica

J.-X. Lirou-Bastide Mandragores, poésies par J.-X. Lirou-Bastide (1854)

A vous les marais solitaires, Le bois sombre au milieu des terres, Les plaines qu'abritent les monts, Ou les bords du ruisseau limpide Qui passe joyeux et rapide Comme les jours où nous aimons !
A moi, fille de juin, reine à tige flottante, Sous un soleil torride un ciel de feu pour tente ; Pour couche sur la dune, à moi, le sable amer; A moi le flot qui roule en gerbes de phosphores ; Et pour hymne, au réveil, sur les grèves sonores La voix puissante de la mer !
, Ici je brille sans rivales ; Ici l'été n'a point de fleur Qui, superbe, ose à mes pétales Comparer sa blanche couleur.
Source : Gallica

J.-X. Lirou-Bastide Mandragores, poésies par J.-X. Lirou-Bastide (1854)

Il me semblait, à moi, qu'une plante inconnue, Qu'un arbre dont la tête eût fleuri dans la nue Et la tige troué le sol jusqu'au néant ; Qu'un chêne aux mille bras, à la feuille éternelle Seuls pouvaient crevasser la pierre solennelle Qui recouvrait l'homme géant.
Et bien ! non : les palmiers et les cèdres superbes Laissèrent gazonner ce tertre aux viles herbes.
Un Scirpe s'y logea, car le val était frais; Et ses fleurs en épi, sur leur écaille brune, Y vinrent au printemps s'ouvrir l'une après l'une, Aussi pâles qu'en nos marais.
Source : Gallica

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