Pierre de Bouchaud,
Les jours reflétés
(1925)
“ L'âme n'a plus d'entrave, et le cœur, sans lien, S'est tout à coup défait du collier de misère, Il est libre. Il est libre. Il est libre. Plus rien Ne le rattache encore aux geôles de la terre. Il cesse de souffrir du mal de l'Infini. Il n'interroge plus les terribles ténèbres D'où le doute, à l'affût, amasse, jour et nuit, Pour en voiler les cieux ses nuages funèbres. Qu'importe le mystère alors que tout l'azur N'est qu'un saphir divin que le soleil irise ? Quand un si tiède Eurus vient creuser le blé mûr Faut-il se souvenir de tout ce qui nous brise ? ”
