Auguste de Juge

Résumé

Auguste de Juge Fabuliste des Alpes (1853)

Regarde, près de moi l'on prie, Le front serein, l'œil radieux; Un instant l'àme s'y délie Pour prendre aussi son vol aux cieux.
Aux lieux où dort notre poussière, Vivez en paix, rosiers, cyprès : La mort est douce ou bien elle est amère ; La vie explique ses secrets.
L'ANGE ET LA JEUNE FILLE.
Bel ange à l'aile blanche, Caché près d'un lit blanc, Pourquoi ce front qui penche D'un air si caressant?
C'est qu'à tes pieds sommeille, Dans des songes de foi, La vierge qui s'éveille Pour prier avec toi.
Dans la coupe nacrée Du bénitier rempli Puise l'onde sacrée
Pour son front recueilli
Source : Gallica

Auguste de Juge Fabuliste des Alpes (1853)

Le siècle a fait un pas : j'ai vu la capitale Où, dans sa nudité, l'orgueil humain s'étale ; Le peuple, chaque jour, monte à notre niveau : J'ai vu l'enfant jeté dans l'égout du ruisseau ; J'ai vu des meurtriers, teints du sang des victimes, Se draper en héros couronnés de leurs crimes, Et des filles d'honneur, et des femmes de rang, Quêter leur dur regard, leur sourire impudent.
Les vieillards sont de trop pour leurs fils que dévore L'ardente soif de l'or, ce Dieu seul qu'on adore.
Plus de forfaits cachés : les journaux, les auteurs, Répandent à l'envi des drames corrupteurs
Source : Gallica

Auguste de Juge Fabuliste des Alpes (1853)

Mais voyez des humains la bizarre folie : On est fatigué de la vie ; Va-t-elle s'échapper, on veut la ressaisir.
Notre Crésus eut ce désir : Il agite ses bras, en tous sens se démène Pour trouver un appui; mais, ô recherche vaine!
Il bat de ses deux pieds l'air qui se plaît à fuir : « Ami, dit un bourdon, qui d'une aile brutale Frappait les vitres du manoir, Vous vous y prenez mal; vos efforts du mouchoir Resserrent l'étreinte fatale :
Sans plus battre des pieds, relevez votre main, Et tranchez le nœud qui vous lie; Peut-être pourrez-vous, bénissant le Destin, Revenir encore à la vie.»
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature