Auguste de Juge, Fabuliste des Alpes (1853)
“ Sans s'émouvoir du bruit, le dogue, en souverain, S'en va droit vers chaque adversaire, Les parcourt du regard, les mesure, les flaire, Et se tournant avec dédain, Des deux pieds grattant le terrain, Leur en jette au museau l'insolente poussière. Aux discours, aux clameurs ce procédé mit fin Et lorsque de ce ton qui saisit, qui maîtrise, Le dogue cria : « Suivez-moi 1 » La foule joyeuse et soumise Comme un seul animal marcha pleine de foi ! N'abusons-pas de la parole : Forte au nom de la vérité, Son pouvoir tombe ou s'étiole Quand il sert à la vanité. ”
