Robert de Nervo

Résumé

Robert de Nervo,  Les mémoires de mon coupé (1881)

“ L'hiver commença avec ses joies habituelles, bals, concerts, spectacles, joies auxquelles Mme del Puente et la belle Isabelle prirent toute leur part.
Élias, de son côté, n'en manqua pas une – celle qu'il aimait y était, il la rencontrait chaque jour, chaque soir ; les valses et les cotillons suivaient, c'était un délice, un délice à moitié partagé, lorsqu'un événement désagréable, un deuil de famille vint tout à coup jeter un voile noir sur les beaux yeux d'Isabelle.
Dès lors, plus de monde, de bals, de joies, – le respect des morts et la solitude.
”
Source : Gallica

Robert de Nervo,  Les mémoires de mon coupé (1881)

“ Comment voulez-vous, Élias, que j'épouse un juif, le frère de ceux qui ont crucifié le Dieu que j'adore ! – Ma mère n'y saurait consentir et moi, jamais ! – Vous savez combien je vous aime, mais m'unir à celui qui n'a pas le même Dieu que moi, est-ce possible ? – Voyons, vous m'aimez, – votre amour (vous me l'avez dit mille fois) ne connaît point d'obstacles, – eh bien, que cet amour sache faire son sacrifice ? – Venez à
nous, venez à notre Dieu, c'est un Dieu de consolation, lui seul nous donnera le bonheur !
”
Source : Gallica

Robert de Nervo,  Les mémoires de mon coupé (1881)

“ Ce fut donc avec cette étrange personne que, deux heures durant, seul à seule, dans mon doux intérieur capitonné, le baron put essayer de saisir, de traduire le secret de cette étrange nature.
Quelque chose de bref, d'arrêté, d'inculte, plus encore de sauvage. – Ni esprit, ni charme, mais quelque chose qui, en dépit de cette laideur, commande et asservit – quelque chose qui est, à la fois, un tyran et un maître, un maître qui ose tout, qui brave tout, – qui fait peur, qui retient sans captiver, mais qui s'impose ! – Telle cette personne, un attrait – une menace – une fatalité !
”
Source : Gallica

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