René Schwaeblé, L’Amour à passions
“ Miss Jane, — appelons Miss Jane cette américaine bien connue de tous ceux qui fréquentent au Café de la Paix — aime le cuir et la soie, elle en aime le toucher énervant, la douceur grinçante, fuyante. ”
René Schwaeblé, L’Amour à passions
“ Miss Jane, — appelons Miss Jane cette américaine bien connue de tous ceux qui fréquentent au Café de la Paix — aime le cuir et la soie, elle en aime le toucher énervant, la douceur grinçante, fuyante. ”
Jean Féron,
Les amours de W. Benjamin
“ Au-dessus de Miss Jane, une grande dame anglaise peinte par Gainsborough sourit doucement. Mais cela n’empêche pas Miss Jane de rêver... au contraire, elle n’en rêve que mieux ! Mais à qui pense-t-elle ?... Elle tressaille en entendant vibrer un timbre dans une pièce voisine. Elle souleve sa tête qui repose sur une pile de coussins et regarde le cadran. À cet instant, une porte est ouverte sans bruit, une lourde draperie est écartée et une jeune camériste, brunette aux yeux clairs, aux lèvres rouges et souriantes, potelée et jolie, pénètre dans le fumoir. ”
George Sand,
Lucrezia Floriani
“ Jane J’aime beaucoup les choses que vous dites, ô mon bien-aimé ! Quoique vos paroles ne soient pas familières à mon oreille, vos compliments me font toujours regretter de n’avoir pas un miroir devant moi, pour voir si je suis belle autant que vous le dites. Aldo Et que vous importe de l’être ou de ne l’être pas, pourvu que je vous voie ainsi et que je vous aime telle que vous êtes à mes yeux et dans mon cœur ! Jane Vous avez toujours à la bouche des paroles qui plaisent quand on les écoute ; mais quand on y songe après, on ne les comprend plus et on sent de l’inquiétude. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
(1883)
“ Jane n'est pas célèbre, mais elle est « reine » dans son intérieur. Ses deux mères, son frère Frank quand il est là, et son mari Jack, qui ne la quitte jamais, ne voient rien au-dessus d'elle. C'est une fille, une soeur et une épouse comme on en rencontre peu. Elle est si dévouée, si pleine d'abnégation, que tout le monde l'adore et qu'elle semble être le rayon de soleil qui illumine la grande maison de Mme Minot. ”
Jean Féron,
La petite canadienne
“ Miss Jane ! Oui, c’était bien Miss Jane ! Miss Jane... qui avait regardé Alpaca et Tonnerre ! Miss Jane... qui avait murmuré : — C’est eux ! Et Miss Jane avait poursuivit son chemin jusqu’à l’angle de l’avenue suivante. Là, elle s’arrêta et se mit à examiner les gens qui l’entouraient. Elle avisa un petit vendeur de journaux qui s’égosillait pour vendre une édition toute fraîche du New York Herald. Miss Jane fit un signe au gamin. Celui-ci se précipita vers la jeune fille en criant à tue-tête... « New York Herald ». — Veux-tu gagner un dollar ? demanda Miss Jane. ”
Fortunio, Le Roi du jour (1873)
“ Lady Jane elle-même, dont la beauté, plus resplendissante que jamais, était animée par je ne sais quelle flamme intérieure, tenait certainement plus de la sylphide, de la péri, ou simplement de l'ange que de la femme. C'était un miracle, un enchantement, une vision céleste. On ne pouvait se lasser de la regarder et, la regardant, de l'admirer. ”
Paul de Molènes, Revue des Deux Mondes
“ LA COMÉDIENNE. I Miss Jane était une terrible créature ; c’était en même temps Corinne et Manon. Je l’ai vue pour la dernière fois, il y a quatre ans, un soir où elle jouait Desdemona au théâtre de Covent-Garden. Ce soir-là tout le monde disait qu’elle était à l’apogée de sa beauté aussi bien que de son talent. Miss Jane avait été créée pour prouver que tous les yeux bleus n’ont pas la pureté, la tendresse, l’honnête et calme douceur d’un ciel printanier. Il n’est pas d’yeux noirs que je n’eusse défiés de l’emporter sur les siens en ardens et inquiétans mystère. ”
George Sand,
Histoire de ma vie
“ Mais, outre qu'elle était la sœur adorée de Jane, il y avait en elle tant de qualités sérieuses, une si noble intelligence, une si grande droiture et, à défaut de bonté spontanée, une si généreuse équité de jugement, que je lui étais réellement attachée. Quant à Jane, cette douce, cette forte, cette humble, cette angélique nature, aujourd'hui comme au couvent, je lui garde, au fond de l'âme, une tendresse que je ne puis comparer qu'au sentiment maternel.Toutes deux étaient mariées. Jane était mère d'un gros enfant qu'elle couvait de ses grands yeux noirs avec une muette ivresse. ”
Charlotte Brontë,
Jane Eyre
(1847)
“ Je n'ai point rencontré de femmes qui vous ressemblassent, Jane; vous me plaisez et vous me dominez; vous semblez vous soumettre, et j'aime votre manière de plier. Quand je retourne sous mes doigts un écheveau de soie, je sens dans mes bras un tressaillement qui continue jusque dans mon coeur; eh bien, de même je me sens gagné par vous, et votre influence est plus douce que je ne puis le dire; cette défaite me donne plus de joie que n'importe quel triomphe! Pourquoi souriez-vous, Jane? ”
Jean Féron,
La petite canadienne
“ Miss Jane traversa rapidement le salon. Mais elle s’arrêta subitement près de la porte grande ouverte de l’antichambre. Elle demeura là indécise et inquiète, et son oreille se prêtait avidement aux bruits intérieurs de l’édifice. Du corridor arrivaient jusqu’à elle des voix étrangères. La sonnerie de la porte d’entrée résonna de nouveau impérieusement. — La police !... pensa Miss Jane en pâlissant. — Eh bien ! fit Pierre, n’entendez-vous pas, Jenny ? Je crois qu’on s’impatiente ! La pâleur de Miss Jane s’amplifia. Elle jeta sur le jeune homme un regard épouvanté. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
(1842-1844)
“ Miss Jane n'a jamais existé. — Hô!. dit M. Harley avec l'accent indéfinissable de surprise flegmatique que les Anglais mettent dans cette exclamation. — Hélas ! non ! dit mademoiselle de Boussac avec un sourire compatissant et en pressant la main de M. Harley. Ni mademoiselle de Charmois ni moi, n'avons de gouvernante. Miss Claudia et miss Jane sont tout bonnement Jeanne et Claudie, l'une femme de service, l'autre vachère et laitière de la maison. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ Jane battit des mains avec enthousiasme. Elle prit tous les objets les uns après les autres, et les examina sous toutes les faces. Peu après arrivèrent Merry et Molly, avec Boo, bien entendu, qui trottait sur les talons de sa sœur comme un petit chien fidèle. La joie fut au complet. On se livra à tous les plaisirs imaginables : on essaya la robe ; on goûta les raisins, on admira la rose, et on étudia chacune des images comme de véritables œuvres d’art. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
(1883)
“ Pour moi, je suis bien content, s'écria Jack. – Mais moi, demanda Jane. Que deviendrai-je avec tout cela ? – Je vous ferai travailler moi-même, ma chérie. Mais vous ne serez pas seule et vous ne manquerez pas d'émulation, car Mme Grant et M. Bémis me confieront Merry et Molly. – Ce sera charmant, dit Jane enchantée de ce projet, qui ne la séparait pas de ses amies. – Vous verrez que je ne suis pas une maîtresse bien exigeante, continua Mme Minot. – Oh ! je le sais bien, maman, s'écria Jane, et je ne suis pas désappointée le moins du monde de ne pas retourner en classe. ”
Washington Irving,
Le Livre d’esquisses
“ Le portrait qu’il trace de lady Jane est dans la manière descriptive et minutieuse de son maître ; et comme le modèle a certainement posé devant lui, c’est un tableau achevé d’une beauté de l’époque. En homme épris, il s’appesantit avec amour sur toutes les parties de sa toilette, depuis le réseau de perles, tout resplendissant d’émeraudes et de saphirs, qui emprisonnait ses cheveux d’or, jusqu’à la « belle chaîne de fine orfèvrerie » qui entourait son cou, et d’où pendait un rubis en forme de cœur, qui ressemblait, dit-il, à une étincelle de feu brûlant sur son sein de neige. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ Par quelle aberration d’esprit Jane le trouva t-elle plus heureux qu’elle ? La pauvre enfant se jeta sur le sable de la grève et se mit à chercher des petites coquilles rosées. Elle était triste. Le bruit monotone des vagues, qu’elle aimait tant ordinairement, lui paraissait lugubre ce jour-là. Un sentiment de solitude l’oppressait. « Jane ! Jane ! » cria une voix bien connue. Elle se retourna et aperçu dans une petite barque Jack, Frank et Hughes, « le garçon au vélocipède. » ”
“ Non, Jane, vous n’êtes pas bien ici, car votre cœur n’est pas avec moi. Il est près de votre cousin Saint-John. Oh ! jusqu’à ce moment je croyais que ma petite Jane était toute à moi. Même lorsqu’elle m’abandonna, je croyais qu’elle m’aimait encore. C’était ma seule joie au milieu de mes grandes douleurs. Quoique nous ayons été longtemps loin l’un de l’autre, quoique j’aie versé d’abondantes larmes sur notre séparation, en pleurant ma Jane, je n’ai jamais eu la pensée qu’elle pût en aimer un autre. Mais il est inutile de s’affliger. Jane, laissez-moi ; épousez Rivers. ”
Théophile Gautier,
Ménagerie intime
“ Jane agréa tout de suite la nouvelle venue et parut charmée de cette compagne, à laquelle elle fit les honneurs de l’écurie avec beaucoup de grâce. La plus tendre amitié ne tarda pas à s’établir entre elles. Jane posait la tête sur le col de la Blanche — qu’on avait surnommée ainsi parce que le gris de son poil tirait sur le blanc, — et quand on les laissait libres dans la cour, après le pansage, elles jouaient ensemble comme des chiens ou des enfants. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ N’est-ce pas, mère, que ce n’est pas ridicule d’aimer Jane ? Elle est si drôle et si gentille ! Elle tâche d’être très sage ; elle m’aime bien et je ne veux pas avoir honte de mes amis, même si l’on s’en moque, s’écria Jack avec animation. — J’aime beaucoup mieux vous voir dans la compagnie d’une gentille petite fille que dans celle de garçons moins bons que vous, plus grands aussi et plus forts. — Ce n’est pas cela que je veux vous dire. Je suis assez fort pour me défendre, interrompit le petit garçon en montrant avec fierté ses biceps développés et sa large poitrine. ”
Jean Féron,
Les amours de W. Benjamin
“ La camériste apparut l’instant d’après. — Un visiteur est là ? dit Miss Jane, veuillez l’introduire. La camériste traversa le salon pour gagner l’antichambre. Miss Jane fit courir ses jolis doigts sur le clavier d’ivoire, et, durant la minute qui suivit, le salon s’emplit des douces harmonies d’une langoureuse rêverie d’amour. Et cette rêverie se prolongeait, lorsque Pierre Lebon parut sur le seuil de la porte. Miss Jane, au piano, lui tournait le dos. Mais à la vue du jeune homme, Rutten se dressa vivement en proférant une exclamation de surprise et en faisant une légère révérence. ”
William Lazenby, Mémoires de Miss Coote
“ Oh ! comme vous êtes belle, Jane, dis-je en l’embrassant, vous savez que je vous aime bien, seulement votre gros cucul a mérité d’être puni. C’est un devoir pénible pour moi, mais vous allez voir que ce n’est pas pour rire, mademoiselle, regardez quelle bonne grosse verge je vous destine, fis-je en lui montrant l’instrument. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ « Voilà un petit garçon qui ressemble à Boo comme deux gouttes d’eau, » se dit Jane en voyant sortir du bateau un enfant qui ressemblait en effet à Boo d’une manière frappante. Le petit garçon tenait d’une main un seau de bois et une pelle ; de l’autre il s’accrochait après la jupe d’une jeune fille. Cette dernière tournait le dos à Jane. Par quel hasard ces grandes nattes brunes retenues par un ruban bleu, cette robe grise et cette ombrelle bleue étaient-elles si familières à Jane ? « Il est impossible que ce soit Molly, pensa-t-elle ; mais comme elle lui ressemble ! » ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ Susy disposa sur elle la robe blanche, et Juliette et Mabel étalèrent le châle rouge à ses pieds, tandis que Molly enlevait le dernier ornement de son turban, une magnifique étoile d’argent, pour rattacher sur le cœur de Jane. Puis toutes se prirent par la main et dansèrent autour de leur amie, en riant de sa stupéfaction et en chantant à tue-tête : « La voilà ! la voilà ! notre petite princesse Jane ! La voilà ! la voilà ! notre petite princesse Jane ! — Est-ce bien vrai ? s’écria Jane ravie. C’est impossible ! Oh ! comme vous êtes gentilles ! Venez que je vous embrasse ! » ”
Michel Masson,
Une couronne d'épines, par Michel Masson
(1862)
“ Toujours curieusement penchée vers l'inconnu, qui ne s'est pas encore aperçu de sa posture indiscrète, Jane obéit, sans y penser, au charme qui la cloue à cette place. Nulle force humaine ne pourrait détourner son regard de ces lignes fiévreusement tracées. Tout ce que l'étranger écrit, l'âme de la jeune fille le recueille. Elle ne se demande pas si c'est réalité ou fiction, si le poëte invente ou si le pauvre se souvient. Entraînée par la magie de ces vers, elle laisse aller son coeur partout où le souffrant inspiré veut le conduire : tout ce qu'il blâme, elle le condamne ”
Michelle LeNormand,
Enthousiasme
“ En vérité, déjà cela se devine, Jane était un peu stupide. Une femme plus futée aurait pu s’enorgueillir de cette épaisse frange de cils, de sa ligne de tête délicate et fine, de ses cheveux châtains, mousseux et ondulés, et de sa taille assez gracieuse et assez ronde à la fois. Mais Jane était à cent lieues de pareilles idées. Jane, d’ailleurs, n’avait pas du tout d’idées, elle n’avait que du cœur. Dans certaines circonstances, cela suffisait ; pas toujours, hélas ! et bien souvent c’était désastreux. Et son pauvre cœur devait alors traverser de pénibles bourrasques. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
“ Au fond, tout cela tracassait Jane encore plus que Jack. C’était une fidèle petite amie et elle n’avait pas un instant de tranquillité en pensant que Jack était ainsi soupçonné. Le monde des enfants est un monde en miniature, le moindre événement y prend des proportions extraordinaires. Jane trouvait qu’il était de son devoir de dissiper les nuages qui assombrissaient la vie de son ami, et de lui rendre l’estime de tous. ”
“ Jane, voulez-vous m’épouser ? — Oui, monsieur. — Un homme estropié, de vingt ans plus vieux que vous, et qu’il faudra soigner ? — Oui, monsieur. — Est-ce bien vrai, Jane ? — Très vrai, monsieur. — Oh ! ma bien-aimée, Dieu vous bénisse et vous récompense ! — Monsieur Rochester, si jamais j’ai fait une bonne action dans ma vie, si jamais j’ai eu une bonne pensée, si jamais j’ai prononcé une prière sincère et pure, si jamais j’ai eu un désir noble, je suis récompensée maintenant. Devenir votre femme, c’est pour moi être aussi heureuse que possible sur la terre. ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
(1883)
“ Miss Bat devient de jour en jour plus aimable, et quand elle demande quelque chose à papa, savez-vous ce qu'il lui répond ? « Adressez-vous à miss Molly. » Quel changement hein !... – Alors, dit Jane, vous êtes contente ? – Oh oui, mais mon intention n'est pas de rester toujours ici. Aussitôt que Boo sera assez grand, nous prendrons notre volée, et nous ferons le tour du monde !... J'adore les voyages !... – Moi, dit Jane, je voudrais devenir célèbre d'une manière quelconque ; je voudrais être admirée, avoir beaucoup de talents, en un mot, être une femme de génie... ”
Louisa May Alcott,
Jack et Jane
(1883)
“ Buvez ce que Mme Minot vient de vous envoyer, cela vous fera du bien. J'ai le coeur brisé de voir ma petite Jane souffrir de la sorte. – Je ne peux pas dormir, je ne comprends pas comment la mère de Jack et de Frank peut m'envoyer quelque chose quand j'ai à moitié tué son second fils et fait tant de chagrin à l'autre. Je voudrais avoir bien froid et bien mal !. Ah ! si jamais je suis guérie, je serai la meilleure petite fille du monde pour faire oublier mes fautes passées. Vous verrez, cria Jane en secouant si énergiquement la tête que ses larmes jaillirent sur son oreiller. ”
Jean Féron,
Les amours de W. Benjamin
“ Et Miss Jane, cette ensorceleuse, se serrant davantage contre lui, ses yeux dans ses yeux, ses lèvres rouges effleurant ses lèvres blêmes, oui, Miss Jane répondit : — Pierre, je vous aimais aussi dès le premier jour, et de ne pas vous le dire j’ai autant que vous souffert ! Mais bah ! ces tourments appartiennent désormais à l’histoire du passé ! Ne pensons plus qu’à nous aimer et assurer notre bonheur pour toujours ! Car, voyez-vous, Pierre, si jamais je vous perdais, je sens que je mourrais ! Que deviendrais-je, seule ? Que ferais-je, le cœur plein de vous-même ? Ah ! vous perdre, Pierre... ”
