Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron La petite canadienne

Miss Jane !... Oui, cher Maître, reprit Tonnerre sur un ton goguenard. L’angélique ou plutôt la diabolique Miss Jane qui vous fit oublier, monstre que vous êtes ! l’amoureuse Adeline. Fiez-vous maintenant, ô saintes femmes ! à la fidélité des hommes ! acheva Tonnerre avec une physionomie scandalisée.
— Adeline !... murmura Alpaca, rêveur. Adeline ! répéta-t-il en hochant la tête d’un air de profonde amertume. Celle qui, durant trente années de ma vie, n’a pas un instant quitté mon souvenir ! Oui, je l’ai odieusement trompée dans un moment de folie ! Je suis un infâme ! gronda-t-il sourdement.
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Au lieu de répondre, Tonnerre se tourna vers son ami et dit avec une mine abattue :
— Cher Maître, notre cause est perdue !
— Hélas ! soupira Alpaca.
— Votre cause ?... répéta Henriette de plus en plus surprise.
— Quand nous disons notre cause, mademoiselle, reprit Tonnerre, c’est une façon de parler. Il s’agit de la cause d’une autre personne, une cause très précieuse dont nous nous sommes chargés auprès de vous. Et si je dis que la cause est perdue, c’est parce que je comprends que vous avez oublié cette autre personne, et que l’ayant oubliée...
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À peu près à la même heure, dans une chambre de l’Hôtel Américain, trois de nos personnages sont réunis : ce sont William Benjamin et les deux compères Alpaca et Tonnerre.
Ce matin-là, la physionomie de William Benjamin est tout à fait rayonnante : ses yeux noirs et brillants, ses lèvres rouges qui ne cessent de sourire, le son musical de sa voix limpide, tout chez lui révèle un joyeux état d’esprit. Mais quand il parle il a encore des accès de cette toux étrange qui, loin de diminuer, semble empirer de jour en jour. On croirait entendre les tousseries d’une poitrinaire.
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