“ Je me suis effacé devant les attentions marquées de Laurent. — Et les charmes de ma délicieuse petite amie Claire ! dit Marthe en riant. — Claire est exquise, dit Noël... mais il n’y a qu’une femme au monde pour moi ! Si j’étais riche, je disputerais à Laurent son privilège... mais je ne le suis pas ! Il pourrait, lui, vous donner tout ce que vous rêvez, la fortune, les plaisirs, le luxe, les voyages... enfin une vie riche et mondaine... et il est libre ! Comme il ne se doute de rien ! se dit Marthe... s’il savait !... — Ne parlons pas d’André, dit-elle, parlons de vous ! ”
Maxine
Résumé
Moment de vertige, de Maxine, explore les tensions entre amour, ambition et contraintes sociales à travers les destins entrelacés de personnages comme Marthe, Noël, Claire et André. L’œuvre, richement ancrée dans des cadres variés (salons, banques, hôtels), mêle dialogues percutants et réflexions sur la condition humaine, notamment via les rapports de domination entre les classes sociales et les dilemmes éthiques.
Les thèmes de l’infidélité, de la quête du luxe ou des conflits religieux (abbé Sylvestre, curé) structurent une narration où les aspirations individuelles heurtent les normes établies. Publié dans un contexte où les valeurs matérielles et les liens familiaux sont en tension, ce roman dévoile les fragilités des relations humaines sous le masque de la politesse mondaine.
Citations de Moment de vertige (Maxine)
“ Mais si l’union de Dan et d’Irène eut été celle de deux âmes, faites pour se comprendre et se compléter leur amour ne se serait pas si vite émoussé... Irène est tellement supérieure à son mari ! — Mais Luigi ? Avec une jeune et exquise fiancée !... — Oh lui ! Sa mentalité italienne lui donne le goût des complications... d’ailleurs la petite Claire St-Georges ne l’aime pas vraiment... c’est une cervelle d’oiseau... elle est gentille, mais superficielle... ce qu’elle aime en Luigi, c’est son titre de comte ! Ce sera encore un mariage mal assorti que celui-là ! Marthe ne répondit pas. ”
“ Elle serait donc à peine plus âgée que madame St-Georges ! Ce ne semble pas possible ! — Elles n’ont pas eu la même vie, dit Noël avec un sourire... leur physique n’a pas eu les mêmes soins. Nini n’a jamais visité les salons de beauté ! — Les salons de beauté n’y font rien, dit Marthe ; pensez à maman ; à quarante-six ans, si belle, si jeune encore... sans le secours de l’art ! — Oh votre mère, on ne peut pas la comparer ! dit Noël avec conviction ; quelle distinction ! Quelle vraie beauté de traits et quel charme ! Vous, Marthe, vous êtes très belle, mais pas aussi belle que votre mère ! ”
