Ubald Paquin

Résumé

Ubald Paquin Le Paria

Vous voulez que je m’en aille ? Excusez-moi si je n’ai pas saisi le sens de vos paroles tout à l’heure. J’avais une proposition à vous faire. Je voulais vous amener aux Follies ce soir. Il paraît que le « show » va être bon.
La mélancolie de Jacques Bernier avait besoin de réactif. Il déclina d’abord, puis accepta. Cette distraction folle chasserait peut-être les idées noires qui l’assaillaient.
La tristesse s’infiltrait en lui, comme aux heures grises de son enfance malheureuse. Sans y parvenir, il s’essayait à la secouer, à chasser le spleen où il menaçait de sombrer.
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Ubald Paquin Le Paria

Il vit le gibet où malgré son innocence, il se balancerait.
Non ! Pas cela !
On ne le prendrait pas. Il crierait son innocence : il la crierait si fort que les juges l’écouteraient, que les juges le croiraient.
— Jacques Bernier, suivez-moi.
À cet appel, il tressaillit. Sous l’effet de l’exaltation croissante où l’horrible perspective l’avait jeté, il ne remarqua pas dans la voix qui lui parlait, une déférence plus accentuée.
Depuis que sur sa tête, la menace planait, il se débattait dans une atmosphère d’angoisse.
Le coroner l’attendait au bas.
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Ubald Paquin Le Paria

Sans l’amour, la vie est vide.
L’amour commande le dévouement.
Se dévouer, c’est amplifier son être, le dédoubler, le multiplier.
La haine ne suffit pas à combler le vide des jours, surtout quand elle n’est pas une forme déguisée d’amour, ou son succédané.
Jacques haïssait l’humanité, surtout la Société qui en est l’expression juridique. Et, dans sa haine, aucune passion ne rentrait. Elle était froide, raisonnée, méthodique.
Quelle satisfaction espérait-il en retirer, sauf un droit plus grand de mépris.
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