Résumé

Larry Wilson L’appel du Chibougamau

La débâcle du Chibougamau, ça n’est pas précisément gai. Se sentir naufragé sur une île durant plus d’un mois, n’est pas une situation que l’on recommanderait à un neurasthénique ou à un monsieur sujet à la panique. La glace a fondu à moitié seulement : elle ne tolère même pas le poids d’un chien, pas plus qu’elle ne permet à un canot de naviguer. Les jours se traînent, sombres, il neige, il pleut, il bruine, il tombe des giboulées. La neige, dans la brousse, est trop saturée d’eau pour qu’on puisse y circuler en raquettes, et trop profonde pour nos bottes.
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Larry Wilson L’appel du Chibougamau

Après la quatrième ingurgitation, je me levai et, avec un calme magnifique, me réinstallai sur le siège du pilote de relève. L’alcool avait complètement changé mes sentiments et je pouvais maintenant sans me tourmenter, plonger mon regard vers la terre, à plusieurs milliers de pieds sous l’appareil. Lorsque nous fûmes à proximité du lac Saint-Jean, « Skip » me laissa manier les doubles commandes. Et c’est ainsi que l’homme le plus craintif dans les airs, « Vertigo » Wilson, conduisit lui-même un avion. C’est une façon comme autre de conquérir la phobie de l’altitude.
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Larry Wilson L’appel du Chibougamau

Je crois qu’il s’agit de l’existence au Chibougamau : « En effet, dis-je, je puis facilement m’imaginer ce qu’ont dû être quarante années dans la forêt ».
Se tournant de mon côté : « Je ne parle pas de la forêt, dit-il d’une voix irritée : je parle de Montréal. C’est là que la vie est dure. J’y descends une fois l’an et j’en reviens à moitié mort. Je connais une gentille petite dame rue Saint-Denis. Quand je retourne au Chibougamau, je suis une ruine. Non. Chibougamau est un endroit calme : mais Montréal, oh alors ! »
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