Adolphe Nantel

Résumé

Adolphe Nantel À la hache

L’embarcation file sur l’eau, à peine verte, tellement le bleu épais du ciel clair y plombe sa souplesse. Le rouge brillant du canot se reflète dans l’onde, tel un oiseau gigantesque aux plumes écarlates marchant dans une mare, et dont un pied jaune monte et puis descend, comme le fait l’aviron en chêne doré.
Philias L’Épicier découvre, dans une anse fleurie d’aubépines, à gauche de l’île Valade, une conque verte, supportant un bouquet rose, auréolé de flammes. La distance entoure le tout de lumières exquises. Son cœur voit le premier. C’est Elle ! Il approche doucement, sans bruit.
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Adolphe Nantel À la hache

Un mur, sept gros pins attachés aux rives par des cables de fer, et retenus ensemble avec des chaînes, barre le passage, à deux arpents du rapide. La masse brunie des coupes, avec ses milliers d’arbres sans écorce, frissonne, murmure, et se tord en vain, à l’appel du flot royal.
Des oiseaux sautent de bûche en bûche, piquant de-ci, de-là, une mouche, un ver. Un écureuil boit dans une éclaircie. Sa langue, pollen rose, brille vite, vite.
Quarante hommes sont échelonnés tout le long de la rivière. À huit milles plus bas, l’équipe Desrosiers, au lac Albert, est à son poste.
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Adolphe Nantel À la hache

D’où vient donc cette puissante voix de basse, offrant aux hirondelles surprises un refrain des bois ?
Je regarde. Sur la route en galets, traînée de beurre, autour de la baie du petit lac Clair, Philippe Dulac, portageur attitré de l’équipe Boisvert, pousse sur ses cordeaux, afin de donner du cœur à sa jument grise. La bête compte les sauterelles souples sautant à l’approche de ses sabots.
— « Mont’en haut... »
Les moyeux des roues, qui viennent de se laver dans la rivière du Poste, singent des rayons jetés les uns sur les autres, dans la sphère rouge de l’axe troué.
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