“ Tout à coup je m’aperçus que Nellie ralentissait son galop. Mon attention se porta tout naturellement sur l’écuyère, et je vis qu’elle faisait de grands efforts pour maîtriser sa bête. Un coup d’éperon dans les flancs de Jack, et j’étais à ses côtés. Elle me fit signe de ne pas intervenir. Par un effort suprême, elle réussit à mettre Nellie au pas. En même temps, elle me fit observer un superbe point de vue, qui, autrement, m’aurait échappé, tant j’étais absorbé à admirer l’habileté de ma compagne. ”
Nellie
Définition et enjeux
Citations sur “Nellie”
“ Voyez, par exemple, cousine Nellie balayer le plancher ou laver la vaisselle, jamais ses mains... — Je crois, vraiment, que ses mains t’ont jeté un sort, interrompit tante Olympe, tu en as parlé dès le jour de son arrivée. — C’est que je n’en avais jamais vu d’aussi mignonnes. — Je conviens, reprit la paysanne, que Nellie n’est pas mal ; pourtant il y a chez nous nombre de filles plus jolies, plus fraîches. Nellie ne sera jamais une paysanne, elle est trop délicate, trop fine ; sa place n’est pas parmi nous. — Il faut que j’aille, fit Maxime, en se levant. ”
“ Maxime se mordit la lèvre. — Voyons, reprit son père, qu’est-ce que ça veut dire ? Si tu n’y renonces pas de ta propre volonté, parce que tu reconnais que c’est une sottise, fais ta demande et que tout soit fini. — Tout ce que vous me dites là, père, est parfaitement inutile, cousine Nellie ne veut pas de moi. — Tu dis ? vociféra maître Nestor, à demi suffoqué. — Que cousine Nellie m’aime comme un cousin et pas autrement. ”
Frederick Douglass,
Mes années d’esclavage et de liberté
(''Life and Times of Frederick Douglass'')
“ Nellie, la femme sur laquelle allaient s’exercer les cruautés dont il s’agit, appartenait, non au Captain Aaron, mais au colonel Lloyd. Épouse d’un des matelots les plus appréciés du sloop, blanche ou peu s’en faut, elle était mère de cinq enfants. — Son crime ? Impudence. — Mot élastique, sujet à cent définitions, à cent applications, aussi arbitraires que l’arbitraire caprice du supérieur. Un regard, un geste, un sourire, une intonation, un soupir : Impudence ! — Or, on comprend ce qui s’ensuit. Spirituelle, fière, énergique, Nellie avait dans les veines, même sang que le colonel. ”
Hamilton Aidé,
Revue des Deux Mondes
“ L’attitude humble et soumise que gardait Nellie exaspérait lady Athelstone : « Si elle a eu assez d’esprit pour se faire épouser, pensait la douairière, pourquoi ne s’en sert-elle pas lorsqu’il s’agit de conseiller utilement son mari? » Le départ pour Londres eut lieu du reste dès les premiers jours de février sans aucune opposition de la part de Wilfred. A vrai dire, il avait besoin de changement. Et dès lors tout commença d’être différent aussi dans la vie de Nellie, qu’une grossesse pénible rendait sédentaire. ”
“ En cet instant, la porte s’ouvrit et tante Olympe entra. — Mon Dieu, qu’y a-t-il, il est malade, dis, Nellie ? — Non, tante Olympe, seulement... il m’écrit... il m’écrit qu’il ne passera pas ses vacances avec nous... on lui a offert une place... une famille très riche, qui voyage, et... et il a accepté. ”
Hamilton Aidé,
Revue des Deux Mondes
“ Il savait qu’elle venait d’être introduite chez lady Athelstone. VII. L’entrevue entre Nellie et sa protectrice fut courte. Une femme de chambre avait recueilli certains bruits qui commençaient à circuler dans le village au sujet des prétendues fiançailles de Nellie avec le cousin de Warmington. — Est-ce vrai ? demanda en souriant lady Athelstone. Nellie devint pourpre : — Non, mylady, certainement non. — Vraiment ? J’espérais un peu... Il est certain que vous êtes bien jeune,.. mais plus tard... une aussi excellente fille ne pourra manquer de trouver un bon mari... ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ NELLIE. Je ferai ce que vous voudrez. MAURICE. Descendons-nous tout de suite ? NELLIE, (se levant.) Pourquoi pas ? MAURICE. Vous n’avez pas à prévenir l’amie chez laquelle vous dînez ? Mademoiselle Machin ? NELLIE, (souriant.) Non. MAURICE. Nous sommes lestés. Ma canne, un chapeau mou... Mou ? faut-il ? (Il le pose sur l’oreille.) Non, melon... c’est moins crapule. (Il rit et prend l’autre chapeau. On frappe à la porte.) Qui est là ? LA VOIX DE NATHALIE. Moi, Monsieur. ”
Hamilton Aidé,
Revue des Deux Mondes
“ Nellie seule résista quelque peu, par timidité, pensa Mme Dawson ; celle-ci, habituée à marcher droit dans la vie, était si loin de supposer que son enfant pût éprouver autre chose que de la reconnaissance et du respect pour un homme placé si haut au-dessus d’elle, et que la passion fût susceptible de se mêler à ces sentimens permis 1 Non-seulement elle eût blâmé avec sévérité un pareil égarement, mais elle eût refusé d’y croire. Nellie le savait bien ”
Hamilton Aidé,
Revue des Deux Mondes
“ Nellie était dans la cuisine, absorbée par son livre, que le jeune gentleman, assis à côté d’elle, lui expliquait, de sorte que ni l’un ni l’autre n’entendait cette conversation. — A la bonne heure ! Nous verrons ce qu’il sera possible de faire pour elle avec le temps,.. et d’abord dans quelle voie pensez-vous la pousser ? — J’espère, dit la veuve en baissant les yeux et d’une voix tremblante, que nous ne serons jamais obligées de nous séparer... Je n’ai qu’elle au monde, mylady. — Soit ! mais à Ripple il n’y a pas beaucoup de ressources d’éducation. ”
“ Petite Nell obéit, mais elle fut vite au bout de sa tâche. Décidément, pensa la paysanne, elle n’est pas la moitié aussi causeuse que son frère ; mais comme elle a pauvre mine, elle est peut-être bien fatiguée. — Aimerais-tu aller te coucher, Nellie ? fit-elle, à bout de ressource. — Oh ! oui, tante Olympe. — Eh bien ! je t’accompagnerai, car l’escalier est très sombre. J’espère, ajouta-t-elle en découvrant le lit, que tu ne feras qu’un somme jusqu’à demain. Bonne nuit, ma petite. — Bonne nuit, tante Olympe. Pauvre Petite Nell ”
Hamilton Aidé,
Revue des Deux Mondes
“ Nellie rougit légèrement et répondit pour son mari : — On ne peut se figurer miss Brabazon menant l’existence commune aux autres femmes ; elle est tellement au-dessus d’elles toutes... — Que les détails vulgaires de la vie domestique doivent lui être insupportables, poursuivit amèrement Wilfred. Ces natures supérieures n’ont ni souplesse ni tolérance ;.. elles vivent sur les hauteurs, dans une atmosphère essentiellement pure et raréfiée ;.. respirer à un autre niveau leur serait impossible. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ GRÂCE. Oh ! je t’en prie, ne dérange pas ton mari pour nous... CLAUDE. Je suis confus... madame... vos bontés... SUZANNE. Rien n’est plus naturel. (Nelly entre par la porte de la salle à manger.) NELLY, (remettant les cartes à sa mère.) Maman, voilà. SUZANNE. Bien, ma chérie. NELLY. Tu vois, c’est bien écrit. GRÂCE. C’est ta fille ? Oh ! comme elle est grande et jolie !... Tu permets que je l’embrasse ? Vous voulez bien, mademoiselle, que je vous embrasse ?... Comment s’appelle-t-elle. NELLY. Nelly, madame. CLAUDE. Mademoiselle est charmante... ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Cette inspiration la calma ; et Nelly alla se mettre au lit avec le cœur soulagé. Ses rêves, pendant son sommeil, promenèrent son esprit au sein d’espaces lumineux, à la poursuite d’un but vague et insaisissable qui reparaissait toujours. Quand Nelly s’éveilla, elle trouva la nuit déjà avancée ; les étoiles brillaient sur la voûte du ciel. Enfin, le jour commença à luire, et les étoiles pâlirent peu à peu. Aussitôt l’enfant se leva et s’apprêta pour le départ. Le vieillard dormait encore : ne voulant pas le troubler, Nelly le laissa sommeiller jusqu’au moment où le soleil parut. ”
Maurice Leblanc,
De minuit à sept heures
(1932)
“ Nelly-Rose fut indignée, et protesta, toute rougissante : — Qu’est-ce que vous avez dit, Valnais ? De quel droit vous permettez-vous ?... Comment ! un homme que je n’ai vu que quelques heures ?... — Oui, mais dans de telles conditions que jamais plus vous ne pourrez vous délivrer de ce souvenir. Il est, il sera l’homme de votre vie. De cette vie, moi, Nelly-Rose, je ne fais plus partie... Et je ne peux plus rester... je ne le peux plus. Adieu, Nelly-Rose. ”
Henri Meilhac,
Théâtre de campagne. Troisième série…
(1878)
“ NELLY Il existe, milord, une autre lady Jane ! C'est votre ambition, c'est la gloire qui plane, Comme un oiseau divin, devant vos yeux, toujours; C'est l'amour du pouvoir, le plus grand des amours! Oui, lady Jane existe et serait ma rivalfe, Et la lutte entre nous ne serait pas égale. LORD EDWARD Tu te trompes, enfant : un homme peut avoir L'amour de la famille et l'amour du pouvoir ; Sa femme dans son cœur gardant tout l'avantage, Il peut se partager... NELLY C'est cela : le partage ! LORD EDWARD Et, d'ailleurs, ce pouvoir dont ton cœur s'effraîrait, Je ne l'ai plus, Nelly... ”
Maurice Leblanc,
De minuit à sept heures
(1932)
“ Alors, il parut au seuil du boudoir et s’arrêta là, en pleine lumière. Nelly-Rose eut une exclamation de stupeur. Ce n’était pas un vieillard, jamais vu encore, qui était devant elle. C’était lui ! Lui, l’inconnu de la rue, l’inconnu de la branche de lilas... jeune, plein de force, d’aisance, et de grâce souriante. Et cette jeunesse, cette force, cette grâce même, épouvantèrent Nelly-Rose plus que ne l’eût épouvanté le plus affreux aspect, plus que ne l’avait épouvantée la brute du chemin d’Enghien. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ À la brillante clarté du matin, mais plus souvent à la douce lueur du soir, Nelly, respectant les courtes et heureuses entrevues des deux sœurs, trop courtes pour lui permettre de s’approcher et de risquer un mot de remerciaient, bien qu’elle en brûlât d’envie, Nelly les suivait à quelque distance dans leurs promenades au hasard, s’arrêtant lorsqu’elles s’arrêtaient, s’asseyant sur le gazon quand elles s’asseyaient, se levant quand elles se levaient, et trouvant une compagnie et un véritable charme à se sentir si près d’elles. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Une fois Nelly vit des larmes mouiller ses paupières. Après quelques moments de marche silencieuse, le vieillard prit la main de Nelly, comme il était habitué à le faire, sans que rien dans son air trahît la violence et l'exaltation dont il était récemment animé; et puis petit à petit, par degrés insensibles, il retomba dans son état de docilité, se laissant conduire par Nelly où elle voulait. ”
Henri-Émile Chevalier, Les Pieds-Noirs (1861)
“ Je ne pensai plus qu’à un mot, c’était Nelly — le nom de la créature. Le charme dura trois mois et aboutit à néant, las ! Il n’y eut rien de bien particulier entre nous. Elle se contenta de me dire qu’elle me détestait et qu’elle espérait que je me tiendrais à une bonne distance. Ce fut tout. Elle n’avait pas mauvais cœur, pardieu non ! Eh ! ”
Jules Gros, Les Robinsons de la montagne (7e édition…
“ Entre nous et vous la distance est trop grande. Nelly est la meilleure fille du monde, je le veux bien et je le sais; mais peut-être en feriezvous difficilement une grande dame. Elle est instruite, mais elle n'a point les goûts de coquetterie de son sexe. Je l'ai habituée à la plus austère simplicité, et elle a l'air de s'y complaire. Ce n'est donc point la femme qui convient à un grand seigneur comme vous.. — Comme vous me connaissez mal, Gaspard! Mais ce sont précisément les qualités que vous venez d'accorder à votre sœur que je recherche chez une femme. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il appuya en gémissant sa tête sur l'épaule de Nelly. Autrefois, et même peu de jours auparavant, Nelly eût été impuissante à retenir ses larmes et elle eût pleuré avec son grand-père: mais en ce moment elle le calma par ses douces et tendres paroles, elle sourit en l'entendant supposer qu'ils pussent jamais se séparer, et tourna cette idée en plaisanterie. Le vieillard rassuré s'endormit en murmurant une chanson comme un petit enfant. ”
Charles Dickens,
Le marchand d'antiquités
(1879)
“ Mais il oublia à l'instant même le motif qui l'avait fait agir ainsi, et se détournant il la replaça sur la table ; et ouvrant un vieux coffre d'où il tira quelques vêtements de Nelly, il y passa la main comme pour les brosser. — Pourquoi dors-tu si longtemps, Nelly? murmura-t-il, quand tes petits amis viennent demander à la porte : — Où est donc Nelly, la bonne Nelly ? car il n'y a pas un seul enfant qui ne t'aime de tout son cœur. Kit ne pouvait parler, ses yeux étaient remplis de larmes. — Voici sa jolie petite robe, continua le vieillard, sa robe favorite. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le cliquetis de la serrure éveilla un bruit sourd ; et quand Nelly entra dans l’église d’un pas chancelant, l’écho qui y retentit la fit tressaillir. Tout ce qui se produit dans notre vie, soit en bien, soit en mal, nous frappe par le contraste. Si le calme d’un simple village avait ému l’enfant d’autant plus vivement qu’elle avait été obligée, pour y arriver, de traverser, sous le poids de la fatigue et du chagrin, des chemins noirs et rudes, quelle ne fut pas son impression lorsqu’elle se trouva seule au milieu de ce monument solennel ! ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il alla au-devant d’eux, et pressant avec tendresse son frère de vouloir bien s’appuyer sur son bras, il le mena jusqu’en sa demeure où le vieillard rentra d’un pas lent et tremblant. Il alla tout droit à la chambre de Nelly. N’y trouvant pas ce qu’il y avait laissé, il revint avec des yeux humides dans la pièce où ses amis étaient réunis. De là il courut à la maison du maître d’école, en appelant : « Nelly ! Nelly ! » On le suivait de près, et quand il eut vainement cherché sa petite fille, on le reconduisit chez lui. ”
Ernest d' Hervilly, Contes pour les grandes personnes (1874)
“ Joë Glass, maigri, une ombre, ou peut s'en faut, jaune et plissé comme du vieux parchemin, a su pourtant inspirer un violent amour à son enfant d'adoption, à la compagne de sa solitude, à miss Nelly, en un mot. UN SECRET. 217 Explique qui pourra, après cela, les sympathies et les antipathies qui forment le tissu fantaisiste et fragile du coeur des femmes ! Miss Nelly est une magnifique créature, un des merveilleux produits du croisement des races anglosaxonnes. Elle est frêle, sans cloute, mais pleine de vie comme une fleur fraîche. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Nelly n'est pas ma fille; c'est sa mère qui était ma fille, et sa mère était pauvre. Je ne mets rien de côté; rien, pas un sou, bien que je vive comme vous voyez. Mais (il posa sa main sur mon bras et s'inclina pour ajouter à demi-voix) elle sera riche un de ces jours; elle deviendra une grande dame. Ne pensez pas mal de moi parce que j'use de son service. Elle est heureuse de me donner ses soins, vous avez pu en juger; son coeur se briserait à l'idée que je pusse demander à toute autre personne ce que ses petites mains ont le courage d'entreprendre. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Ce fut ainsi que désormais chaque jour, et durant la journée entière, il attendit Nelly sur son tombeau. Que de fois dans la vieille, sombre et silencieuse église, il vit se dresser devant lui les brillantes visions de ce qu’avait été Nelly, de ce qu’il espérait qu’elle pouvait redevenir encore : ces tableaux d’excursions nouvelles dans de belles campagnes, de haltes pittoresques sous le ciel tout ouvert, d’allées et venues à travers les champs et les bois ; ces accents de la voix toujours vivante dans son souvenir ”
Stéphanie Bigot, Le Château de Bois-le-Brun, ou Une Famille mixte… (1885)
“ La vue de Nelly, dont l'âge se rapprochait de celui de ses nièces, l'émut délicieusement, bien qu'elle sentît une larme prête à couler à leur souvenir. Tout le monde fut pour elle si affectueux, on la mit si parfaitement à l'aise, elle se sentait si véritablement dans sa famille, que peu à peu son coeur se dilata, sa tristesse disparut, et elle comprit qu'elle allait être heureuse dans cette maison où elle aurait bientôt oublié tous les ennuis qui, depuis quelques mois, avaient empoisonné sa vie. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le grand-père mangea de bon appétit le pain tout entier, et Nelly s’en réjouit. Leur marche les conduisit à travers les mêmes tableaux que la veille : il n’y eut ni changement ni progrès. Toujours le même air épais, lourd à respirer ; toujours le même terrain noir, la même perspective à perte de vue et d’espérance, la même misère, la même détresse. Les objets paraissaient plus sombres, le bruit plus sourd, le pavé plus raboteux, plus inégal ; parfois Nelly chancelait et avait besoin de toute sa force morale pour ne point tomber. ”
