Maurice Leblanc

Maurice Leblanc

Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc De minuit à sept heures (1932)

Mme Destol s’était précipitée au-devant de sa fille. Elle voulait la questionner, mais comme elle l’avait dit à Valnais, ne voulait rien lui révéler... Emportée par son émoi, elle ne trouva que ces mots :
— C’est un assassin !
— Qui ? Qu’est-ce que tu dis ? interrogea Nelly-Rose d’une voix sourde.
— Lui ! L’homme qui est venu, qui t’a emmenée, avec qui tu as passé la nuit, ce Gérard ! C’est un assassin ! Un voleur ! Il a tué Baratof pour le voler !
— Mais, puisque c’est lui, Baratof ! balbutia Nelly-Rose.
— Non ! Il a pris le nom de Baratof et il a tué le vrai Baratof !
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc De minuit à sept heures (1932)

Nelly-Rose, assise en face d’eux, se mit à rire.
— Ma pauvre maman, mon bon Valnais, ne soyez pas si tragiques...
Mme Destol eut un mouvement d’impatience :
— Je ne suis pas tragique, Nelly-Rose... Je suis une mère angoissée... Ma pauvre petite, je ne t’ai peut-être pas toujours montré assez mon affection. Je ne t’ai peut-être pas assez surveillée. Je ne t’ai peut-être pas suffisamment mise en garde contre les hommes, qui sont tous des misérables ! — pas vous, Valnais, vous êtes l’exception. Hélas ! Nelly-Rose, j’en suis bien punie !... Mais parle, dis-moi la vérité...
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc De minuit à sept heures (1932)

Nelly-Rose fut indignée, et protesta, toute rougissante :
— Qu’est-ce que vous avez dit, Valnais ? De quel droit vous permettez-vous ?... Comment ! un homme que je n’ai vu que quelques heures ?...
— Oui, mais dans de telles conditions que jamais plus vous ne pourrez vous délivrer de ce souvenir. Il est, il sera l’homme de votre vie. De cette vie, moi, Nelly-Rose, je ne fais plus partie... Et je ne peux plus rester... je ne le peux plus. Adieu, Nelly-Rose.
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