Marie Le Franc,
Visages de Montréal
“ Jeannine s’appuie à son épaule, ferme à demi les yeux, glisse dans un inconscient tiède, confortable, heureux, et murmure d’une voix d’anesthésie : « Ah ! qu’on est bien ! » Est-elle au cinéma, dans son bain, à l’église ou à cheval ? Les petites, la danse finie, se réfugient derrière le paravent où leur duègne, en trois gestes exactement, habille chacune, passant par-dessus la tête le collier, la combinaison, la robe. Ses meilleures amies se plaignent de son indifférence. Elles l’appellent « la douce et lointaine Jeannine, occupée de sa chienne et de ses tiroirs ». ”
