François Coppée

François Coppée

Résumé

Portrait de François Coppée François Coppée Oeuvres complètes de François Coppée… (1885-1909)

Gabriel aimait éperdument, comme on aime la première fois, hélas! comme on n'aime qu'une fois. Tout ce que Mme Henry lui avait dit de son amie, tout ce qu'Eugénie lui avait laissé surprendre de sa nature et de sa vie dans leurs entretiens du soir, avait allumé dans son sein un foyer ardent de tendresse et de pitié. Il devinait maintenant quelle triste et pénible existence le mariage avait faite à cette petite femme, simple de cœur, délicate et aimante, et qu'on avait unie à un ouvrier à demi parvenu, grossier et violent, et d'ailleurs irrité par la mauvaise fortune.
Source : Gallica

Portrait de François Coppée François Coppée Oeuvres complètes de François Coppée… (1885-1909)

C'est devant ce magique décor, c'est dans ces heures de solitude nocturne, où l'air, plus frais et comme purifié, aiguise et exalte l'imagination et les sens, que les sentiments éprouvés et les impressions reçues dans l'ivresse du premier amour revenaient en foule à la pensée de Gabriel. Il revivait, l'une après l'autre, toutes les minutes adorées qu'il avait passées auprès d'Eugénie. Il n'avait qu'à fermer les yeux pour la revoir chez Mme Henry, brodant sous le rayon de la lampe, la tête basse et le corps un peu affaissé dans le fauteuil, de sorte que son menton touchait presque son sein.
Source : Gallica

Portrait de François Coppée François Coppée Oeuvres complètes de François Coppée… (1885-1909)

La nuit était froide, mais pure, et Gabriel reconduisit Eugénie. Sans doute l'entretien fut bien tendre, ce soir-là, sous les vieux arbres du boulevard d'Italie, et bien exquis le baiser des adieux, car Gabriel, excité par la bonne soirée et, il faut le reconnaître, faible humanité! par le repas copieux et bruyant, ne voulut pas rentrer chez lui tout de suite et se rendit au café du quartier Latin où Cazaban, au milieu d'un cercle d'hommes du Midi très exaltés, dénonçait quotidiennement la grande trahison du gouvernement et réclamait les mesures les plus énergiques contre l'ennemi.
Source : Gallica

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