Résumé

L’Éducation sentimentale, éd. Conard…

Ce mouvement, d’une grâce et presque d’une mansuétude lascive, attendrit Frédéric.
— Pourquoi me fais-tu de la peine ? dit-il, en songeant à Mme Arnoux.
— Moi, de la peine ?
Et, debout devant lui, elle le regardait, les cils rapprochés et les deux mains sur les épaules.
Toute sa vertu, toute sa rancune sombra dans une lâcheté sans fond.
Il reprit :
— Puisque tu ne veux pas m’aimer ! en l’attirant sur ses genoux.
Elle se laissait faire ; il lui entourait la taille à deux bras ; le pétillement de sa robe de soie l’enflammait.
— Où sont-ils ? dit la voix d’Hussonnet dans le corridor.
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L’Éducation sentimentale, éd. Conard…

Et, posée sur une seule hanche, l’autre genou un peu rentré, en caressant de la main gauche le pommeau de nacre de son épée, elle le considéra pendant une minute, d’un air moitié suppliant, moitié gouailleur. Enfin elle dit « bonsoir ! », fit une pirouette, et disparut.
Frédéric, mécontent de lui-même, et ne sachant que faire, se mit à errer dans le bal.
Il entra dans le boudoir, capitonné de soie bleu pâle avec des bouquets de fleurs des champs, tandis qu’au plafond, dans un cercle de bois doré, des Amours, émergeant d’un ciel d’azur, batifolaient sur des nuages en forme d’édredon.
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L’Éducation sentimentale, éd. Conard…

« Après tout, quand il se fâcherait, tant pis ! Il s’est trop mal comporté envers moi, pour que je me gêne ! Rien ne m’assure qu’elle est sa maîtresse. Il me l’a nié. Donc, je suis libre ! »
Le désir de cette démarche ne le quitta plus. C’était une épreuve de ses forces qu’il voulait faire ; si bien qu’un jour, tout à coup, il vernit lui-même ses bottes, acheta des gants blancs, et se mit en route, se substituant à Frédéric et s’imaginant presque être lui, par une singulière évolution intellectuelle où il y avait à la fois de la vengeance et de la sympathie, de l’imitation et de l’audace.
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