“ Attendri, il s’assied, douce amie, il rêve... et soudain quatre petits blaireaux, amie adorable, sortent effarés de terre ; de vrais petits blaireaux, mon cœur. Nous les attrapons : ils piquent, ils se débattent ; nous les caressons, mon amour. Mais le soir est à Rogers, l’Australien. Tout est obscur, tout invisible, on ne voit qu’un point rouge, le cigare de Carnegie qui pagaye sans bruit sur le lac. Mais, à des milles, l’arbre privilégié qui annonce chaque soir la lune soudain tout entier étincelle. C’est qu’arrive une lune entière. Tout est radieux, tout éclaire. ”
Jean Giraudoux
Résumé
“Amica America”, est une œuvre de Jean Giraudoux. Des thèmes tels que Clyton, Mae ou la France y sont abordés.
Citations de Amica America (Jean Giraudoux)
“ Et, plein de pitié, mais mis en méfiance de sa divination, feuilletant ses autres poèmes, on ne croit plus exactement ce qu’ils affirment, on ne croit plus que l’amour est une rue ouverte où se précipite ce qui jamais ne revient, un traître qui livre au destin la citadelle du cœur, un enfant étendu. On se butte un peu, on vous contredit, — pauvre cher Brooke — on s’entête à croire que l’amour est une rue, si vous le voulez, mais fermée, où un traître, mais alors un traître qu’on trahit, et parfois l’on voit ce doux enfant vertical, flottant tristement dans l’air. ”
“ On comprit le mot Solitude, le mot Espace, la phrase : « agité par les vents ». La lune apparaissait entière, c’était le soir où aucun astre ne se glisse entre elle et moi. C’était la nuit, et, un long moment, entêté comme un roulier qui ne veut pas allumer sa lanterne, je m’enfonçai dans cette nuit sans appeler la pensée et ce nom qui éclairent pour moi toute ombre. Mais je me heurtais durement à chaque obstacle, au cri lointain de la fillette, aux maisons endormies, à chaque étoile. Ils me meurtrissaient, ils m’atteignaient en plein visage... ”
