“ Non ! non ! au diable ! se rebella Elzébert. Les idiots et les imbéciles sont dans la peau de ces gens-là. Si l’on pense qu’on peut m’intimider et me donner la chair de grenouille avec de pareilles menaces !... Au diable la Ligue Dorée ! je pars avec ma Jeannette ! Si, à toute aventure, on veut absolument s’interposer, eh bien ! tant pis, on va trouver à qui parler ! Oh ! c’est vrai qu’Elzébert est Mouton, mais pas toujours ! Si l’on veut voir un tigre, l’on a qu’à venir mettre les pattes pour de bon dans mon assiette, et alors, gare à la tape ! ”
Ubald Paquin
Résumé
Ubald Paquin, dans La digue dorée, tisse un roman aux thèmes troublants de passion, de conflits sociaux et de mystère. À travers les personnages d’Elzébert, Jeannette et Germain Lafond, l’auteur explore les tensions entre amour et ambition, jalousies et rivalités, dans un contexte où des enjeux financiers et moraux se croisent.
Les citations révèlent une intrigue marquée par des chèques, des arrestations et des rivalités amoureuses, reflétant une société en tension. L’œuvre, publiée dans un cadre réaliste, met en lumière les luttes intérieures et extérieures des personnages, liés à des enjeux de statut et d’honneur.
Citations de La digue dorée (Ubald Paquin)
“ Nous avons commencé par émouvoir le cœur du peuple par le joli roman d’amour Lafond-Chevrier, roman qui ne saura tarder de finir par un mariage, comme tous les beaux romans que le peuple aime. Et puis, nous avons aiguisé son appétit. Elle était donc bien riche cette mine pour que l’on se soit livré une telle guerre autour de sa possession. Maintenant que nous sommes vainqueurs, nous sommes devenus en quelque sorte des surhommes, des héros, des champions. Et, que ce soit une lutte d’adresse, de force ou de ruse, la foule est toujours avec les vainqueurs contre les vaincus. ”
“ Car c’est bien cet Henri Morin, se disait Elzébert, qui a fait cadeau à Jeannette d’un $27,000. De suite une sourde jalousie gronda au cœur de notre trappeur. Mais avant de se laisser aller à des sentiments ou à des actes indignes d’un homme fier de lui-même, comme l’était à ce moment Elzébert sous l’averse du cognac qui lui avait inondé l’esprit et le ventre, et qui commençait à produire de singuliers picotements dans ses jambes, oui, Elzébert voulut savoir au juste ce que pouvait bien lui vouloir cet inconnu, qui, maintenant, souriait avec une parfaite bonhomie. ”
