“ Il serait trop long de vous expliquer à la suite de quelles déductions j’en suis venu à la certitude absolue que toute l’affaire Lafond n’était qu’une comédie savamment organisée et pourquoi je conciliai que tout le bruit fait autour de votre mine et votre personne n’était qu’une série de réclames combinées de main de maître et obtenues sans bourse délier. Qu’il me suffise de vous dire que deux circonstances surtout ont attiré mon attention : La délivrance de Mademoiselle Chevrier, rue Cadieux et votre fameux message aérien, Lafond, ne me semblaient pas très naturels. ”
Citations sur “Lafond”
“ À l’escroc Pierre Landry, Quelque part en la Province de Québec. Triple imbécile : Je ne sais si tu commences à être las de séquestrer mon ami Lafond ; mais ce que je puis t’assurer, c’est que je trouve que la comédie a duré assez longtemps et qu’il va falloir y mettre fin. À quoi bon d’ailleurs vouloir jouer avec moi, tu sais bien, fat personnage, que tu n’es pas de force à soutenir le combat. Tu te crois fort parce que tu séquestres Lafond ? Et après ? Tenir Lafond n’est pas tenir son secret et ce secret, tes menaces stériles seront toujours impuissantes à le lui arracher. ”
Émile Labretonnière, Cinq époques, chroniques rochelaises… (1847)
“ Ils piquèrent des deux et eurent bientôt disparu derrière les jardins de Lafond. Personne ne paraissait encore du côté des royalistes ; le soleil était levé depuis long-temps, les travailleurs de la place circulaient sur le glacis, portant d'un point à un autre gabions et fascines , ainsi qu'à l'ordinaire. Bientôt ils virent s'avancer une centaine de soldats par le chemin de Lafond; ceux-ci s'engagèrent sur le glacis et se mirent à marcher avec une lenteur commandée d'avance , afin que les Enfants perdus se missent à les poursuivre. ”
“ La commère a décrété que le pauvre Germain Lafond est vivant et, s’il le faut, elle créera de toutes pièces un nouveau Lafond pour le substituer à celui qui, en réalité, ne vit plus que dans l’imagination de ses reporters. ”
Edmond About,
Nos artistes au Salon de 1857
(1858)
“ Je voudrais voir M. Lafond occupé à quelque grand travail décoratif, tandis qu'il est dans la force de son âge et dans la séve de son talent. Si l'on ne cueille pas le fruit mûr lorsqu'il se présente au bout de la branche, on risque de le trouver pourri au pied de l'arbre. M. Mottez a eu cette rare fortune d'être employé comme il le méritait, et dans l'âge où l'on travaille le mieux. Le porche de Saint-Germain l'Auxerrois sera une œuvre admirée aussi longtemps que le climat de Paris ne l'aura pas détruite. ”
“ N’est-ce pas, Monsieur Morin ? — Nous avions besoin d’entraîner Mouton à Québec pour la scène de l’arrestation de Lafond. Je sais que dans la suite, on a calomnié la fiancée de mon ami ; mais ce dernier saura lui faire oublier ces moments de chagrin par toute une vie d’amour et de bonheur. ”
“ Allons, me dis-je, voici un homme que l’on rapporte comme mort et cependant il serait encore vivant. Mouton a vu son cadavre et Mouton était son compagnon depuis plusieurs mois, il est vrai que Mouton est un ivrogne et que, de son propre aveu, il s’était enivré le matin même de l’accident ou du crime. Et si Lafond est vivant, comment admettre que l’on ait réussi à le soustraire aux recherches de l’armée de chercheurs lancée à sa poursuite ? Toute la plausibilité de la séquestration de Lafond repose sur le fait de la mine qu’il aurait découverte ”
“ Et celui-ci, désignant Elzébert Mouton debout dans sa porte, titubant, ébahi, déclara : Voici Germain Lafond ! Et vous, vous êtes un imposteur ! Agents ! commanda-t-il en se tournant vers le pseudo-capitaliste et pseudo-banquier, arrêtez cet homme. ”
“ Mais aussitôt cette phrase lancée, il se mordit les lèvres, dépité à s’être laissé prendre à penser tout haut, ce qui lui arrivait assez fréquemment. — Mademoiselle, continua-t-il, j’ai un message pour vous... une nouvelle à vous apprendre... Oui, je suis Monsieur Paul Durand. Je vous présente Monsieur Elzébert Mouton. Nous étions des amis de Germain Lafond. ”
“ Oui, Monsieur, il y a une affaire Lafond depuis hier après-midi, depuis que Paul Durand a déposé une plainte contre inconnus sous l’accusation de retenir séquestrés ses amis Lafond et Mouton. Or ces inconnus étaient les seuls à savoir que le protonyme de la bande était « La Digue Dorée » et non « La Ligue Dorée ». Nous retrouvons ce nom de « La Digue Dorée » en substance dans la charte que vous avez demandée du gouvernement de Québec. Concluez pour moi, Notaire. Ou vos clients sont les bandits qui ont enlevé Lafond et Mouton, ou... N’est-ce pas logique ? ”
“ Madame Mouton... Ça sonne étrangement ! Monsieur Mouton... sonnait déjà assez curieusement à mes propres oreilles ! Non ! il n’y a pas de bon sens que je donne ce maudit nom de Mouton à ma Jeannette. Non ! non ! Puisque Lafond est mort, pourquoi ne pas prendre son nom qui va se perdre inutilement. D’ailleurs le nom est honnête et assez bien connu. C’est dit... Mais j’aurais bien dû penser à cela plus tôt, et je suis certain que ma Jeannette aurait mis plus d’empressement dans sa résolution de me suivre à Québec. C’est égal, mieux tard que jamais ! Allons ! hop ! en avant ! ”
Paul Lafond, L’Aube romantique
“ Page:Lafond - L Aube romantique.djvu/9 Page:Lafond - L Aube romantique.djvu/10 JULES DE RESSÉGUIER L’HOMME Jules de Rességuier, né à Toulouse, le 28 janvier 1788, descendait d’une ancienne famille du Rouergue qui avait aidé Charles V à chasser les Anglais de cette province. Au commencement du xvie siècle, les Rességuier vinrent se fixer dans la capitale du Languedoc où l’un d’eux occupa une place au Parlement. Depuis lors, ils ne quittèrent plus cette ville et lui fournirent une longue suite de magistrats, dont cinq présidents aux enquêtes [1] . ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Mais, seigneur, nous disait Gaetano en secouant la tète, tout le monde s'en va depuis cette bienheureuse annexion, tutta la gente s'e ne va, dopo questa benedetta annessione. Voyez tous ces vieux palais déserts; l'herbe a remplacé les habitants; les pèlerins diminuent; c'est notre ruine, et ce qui l'achève, c'est le macinato (l'impôt sur la mouture) . Qu'allons-nous devenir? Savezvous, seigneur, si on nous laissera au moins les reliques de sainte Claire et de saint François? ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ En attendant le wagon qui devait nous emporter à Rome, nous eûmes le temps de faire encore nos adieux-au pays de saint Francois. Adieu donc, ou plutôt au revoir, Assise; cité: séraphique, paradis de l'Apennin, éden du moyen âge que notre siècle va détruire. Dieu, qui ne fait rien au hasard, avait dans la création dessiné à l'avance la colline du Paradis pour garder le corps de son serviteur François ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Tout au fond, sur la tombe du saint creusée dans le rocher, se cache l'église sépulcrale. Au-dessus d'elle est l'église souterraine et monastique, grave et sombre, où les Frères Mineurs offieciaient autrefois; au-dessus enfin s'élance dans les airs l'église supérieure qui porte la prière plus près du ciel; c'est la basilique du peuple et des pèlerins, vaste et brillante, pleine de lumière et de peintures, symbole de la vie éternelle décernée à la sainteté. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ A chaque pas nous trouvons un sanctuaire; voici le monastère de Saint-Apollinaice, dont fait partie le couvent de Saint-Paul où saint François conduisitd'abord sainte Claire, à l'extrémité orientale de la ville, près des vieux murs d'enceinte flanqués de tours crénelées. Au-dessus des grands débris de la citadelle féodale, on voit l'humble couvent des Capucins, dont on reconnaît partout l'austère simplicité. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ La nature était devenue pour saint François ce qu'elleétait pour Adam avant sa chute, c'est-à-dire obéissante et empressée. Il avait une parole d'amour pour toutes les créatures, parce qu'il voyait en chacune d'elles un reflet de la puissance et de la charité. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ L'habit de saint François est une véritable pourpre, bien propre à rehausser la dignité des rois et des cardinaux. Oui, c'est vraiment une pourpre teinte dans le sang de Jésus-Christ et dans le sang sorti des stigmates de son serviteur. ”
André-Auguste-Eugène-Laurent-Marie Lafond, Ministère de l'Agriculture. Administration des eaux et forêts… (1900)
“ Vers le nord et l'est, c'est une note plus sauvage encore, quelque chose comme une grandiose impression de solitude qui s'ajoute à cette vision d'immensité. Des dunes noires de pins maritimes emplissent l'horizon de leurs masses énormes pareilles à des monstres barrant la route. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Nous nous heurtons dans les ténèbres contre deux personnages fantastiques qui nous font peur un instant; c'est un géant drapé dans son manteau, et escorté d'un petit diable boiteux. Mais à leur voix nous les reconnaissons. C'est notre vieux guide Gaetano et le petit orphelin Zoppo, qui ne veulent pas nous laisser partir sans nous faire les adieux les plus intéressants et les plus intéressés. Ils nous aident à retrouver nos voitures à la porte de la ville, où nous saluons encore dans l'ombre la bénédiction de saint François gravée sur son portail. ”
Théophile Gautier,
Romans et contes
(1863)
“ — Le plafond s'ennuyait apparemment d'être noir, il s'est mis en bleu ; après les femmes, je ne connais rien de plus capricieux que les plafonds ; c'est une fantaisie de plafond, voilà tout, rien n'est plus ordinaire. ”
Paul Lafond, Le Musée de Rouen (1905)
“ Les expressions des divers personnages ont un charme et une douceur extrêmes. La Vierge mère ramène d'un geste exquis sa main aux doigts fuselés vers l'enfant Dieu, aux courts cheveux blonds frisés, aux extrémités adorables. Les saintes, les anges, tous les acteurs de la scène, offrent sans exception une pureté de traits, une suavité d'attitudes qui ne peuvent s'exprimer par des mots et qui n'ont jamais été dépassées. La composition, superbement pondérée, d'un coloris harmonieux et puissant, aux ombres franches, aux demi-teintes foncées, est d'une science complète. ”
André-Auguste-Eugène-Laurent-Marie Lafond, Ministère de l'Agriculture. Administration des eaux et forêts… (1900)
“ On conçoit facilement que, si la dune reste en place, l'érosion ne fera que s'accroître et tinira par la détruire entièrement. Pour reculer la dune, on établit un fort cordon sur le talus, un peu au delà du bord Est de la banquette, l'Océan étant à l'ouest; ce cordon formera la nouvelle crête de la dune vers la mer. On écrête ensuite le bord Ouest, en enlevant toute végétation et en piochant le plateau sur le quart environ de sa largeur. On plante le talus en gourbet serré, en arrière du cordon, et on éclaircit fortement celui du plateau. ”
Paul Lafond, Le Musée de Rouen (1905)
“ Éclatante de lumière, d'une touche légère et argentée, de colorations chaudes et transparentes, avec ses personnages robustes, fermes, harmonieux, Pleins de vie et de mouvement, d'une sérénité et- d'un équilibre qui ne sauraient être assez admirés, elle est une des belles productions du grand Vénitien, digne d'être mise en parallèle avec ses compositions du Louvre. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ L'évéque d'Assise, les yeux remplis de larmes, s'approcha en silence du serviteur de Dieu, et, l'attirant vers lui, couvrit de son manteau sa sublime nudité. François se trouve dès lors le plus pauvre, le plus libre et le plus joyeux des enfants de Dieu. Il avait vingt-cinq ans. Des voleurs le rencontrent dans la montagne, et se contentent de le battre, ne pouvant voler un homme qui n'avait plus rien. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Ce lieu serait devenu un pèlerinage aussi fréquenté que celui de Saint-François, mais hélas! tout ce pieux élan a été arrêté par l'annexion; les souverains de Rome et de Naples ne peuvent plus faire de royales largesses; les offrandes particulières n'arrivent plus; voilà ce qui désole les Pauvres-Dames plus que leur propre misère; c'est pour achever ce tombeau qu'elles se privent de tout et qu'elles essayent encore de quêter. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ On ne la vit jamais lever la paupière que pour demander la bénédiction du pape, et alors seulement on vit la couleur de ses yeux, qui étaient de la couleur du ciel. Les souverains pontifes Grégoire IX et Innocent IV lui adressèrent des lettres et vinrent la visiter à Saint-Damien. Un jour qu'elle priait Innocent IV de bénir la table du réfectoire, le pape lui ordonna de la bénir elle-même pleine de confusion, mais fille d'obéissance, elle se mit à genoux et fit sur la table le signe de la croix, qui s'imprima miraculeusement sur chacun des pains qu'on y avait déposés. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Mais de tous les grands souvenirs qui s'y rattachent, celui sur lequel je me trouvaile plus neuf, fut le nom.de saint François d'Assise. Dans toute l'Italie, et particulièrement dans l'Ombrie, l'admiration respectueuse qu'inspire la mémoire de cet. homme est aussi vive aujourd'hui qu'elle le fut au moment de sa mort; là, les monuments, les lieux et les hommes; tout parle de lui. Déjà, en approchant de Pérouse, le voiturin qui me conduisait, disposé, je ne sais par quel sentiment intérieur, à prendre l'habit de Frère Mineur, m'exprimait dans son langage grossier sa dévotion à saint François. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Combien Assise a besoin de cette bénédiction en ces temps malheureux! La.cité séraphique a un aspect tout monastique; ses rues étroites et montueuses sont graves et paisibles; ses maisons ont des fenêtres grillées comme des couvents; les enfants ne font pas de bruit, et les femmes qui filent sur le seuil de leurs portes, sans lever les yeux, ressemblent à des religieuses. Beaucoup d'entre elles sont filles de saint François et sont entrées dans le Tiers-Ordre de la pénitence. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ A dix-huit ans, il entra chez les Frères-Mineurs conventuels, qu'il effraya par la fréquence de ses ravissements et la rigueur de ses mortifications. Trente ans après sa mort on voyait encore les traces de son sang sur les murs de sa cellule. La nature et les animaux lui obéissaient comme à saint François. Sa vie était si naturellement miraculeuse, que le plus grand miracle était qu'il n'en fit point. Dénoncé par un calomniateur au Saint-Office de Naples, le tribunal de l'Inquisition le renvoya de la plainte, et ses supérieurs lui firent prendre la route de Rome. ”
Paul Lafond, Le Musée de Rouen (1905)
“ Couture, ce peintre avorté chez lequel le parti pris de chercher le caractère et le style a gâté des qualités naturelles, l'effigie d'un homme jeune encore, dans une gamme blonde agréable, quoique un peu farineuse, sans doute d'une ressemblance d'épiderme. ”
Paul Lafond, L’Aube romantique
“ Il fallait tous mes chagrins et notre deuil, cher Jules, pour nous empêcher d’aller vous remercier de votre bon souvenir et d’offrir tous nos vœux à Mme de Rességnier pour cette année ; il y aura bien du malheur si elle ne vaut pas mieux que l’autre. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ Après avoir dit ces mots, le saint tomba en extase. Revenu à la vie réelle par la vertu de la sainte obéissance, lui, ce misérable frère, né dans une étable, cette balayure du monde, regardant en face le prince souverain de Brunswick, le fils du duc de Saxe, lui dit avec chaleur « Va, je t'ai lié pour le paradis. Prie à l'autel de Saint-François, assiste à l'office de complies, suis la procession, et tout ce que tu verras faire aux religieux, fais-le humblement. » Le prince, profondément -ému; entendit et obéit, parut à l'église comme un simple novice, assista à complies et fit la procession. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ L'inférieur de l'église, sombre et mystérieux, nous rappelle nos cathédrales du nord de l'Europe. Ses fresques ont péri sous l'injure du temps et des hommes; on en a retrouvé des restes sous le badigeon c'est la vie de la sainte peinte par Giottino et ses élèves. Près de la chapelle de sa sœur, la bienheureuse Agnès, un pinceau qu'on croit celui de Cimabué a tracé le portrait de sainte Claire en dimensions colossales et tel qu'il est décrit par les historiens. ”
Edmond Lafond, Le pélerinage d'Assise en 1868 (1869)
“ On l'appelle maintenant le lac de Pérouse. Saint François d'Assise passa tout un carême, seul et jeûnant à l'imitation du Sauveur, dans une lle de ce lac, 1 Isola maggiore, où on a bâti, en soilvenir, un couvent d'Observantins, qui sans doute ont été chassés, cbmme les autres religieux en Italie. ”
