Résumé

Ubald Paquin Les caprices du cœur

Hortense n’avait jamais aimé. Elle désespérait d’aimer d’autres personnes qu’elle-même. Tout à l’heure, n’était-ce pas seulement l’Amour de Lucien qu’elle avait chéri. Pourtant ses lèvres, au contact des siennes, avaient frémi. Ce n’était que physique : une sensation dans sa chair qui ne laissait aucun regret, aucun désir.
L’aventure qu’elle avait tentée, l’incroyable aventure d’amour-propre qu’elle avait voulu essayer de vivre, dans le but d’offrir à sa vanité un sacrifice humain, ne lui inspirait plus le même intérêt de jadis. Pas plus que les autres, Lucien, n’était d’airain.
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Ubald Paquin Les caprices du cœur

« Elle ne t’aime pas. Tu vois bien qu’elle ne t’invitait chez elle que parce que tu étais seul dans Québec et pour te rendre l’hospitalité qu’on lui donna chez toi. » Il éprouva avec acuité la sensation de ses lèvres sur les siennes. Elles étaient brûlantes. Elle l’aimait. « Et puis, si elle ne l’aimait pas, lui aurait-elle fait elle-même toutes ces avances. Peut-être n’éprouvait-elle pas pour lui, l’Amour unique, le grand Amour, qu’on n’éprouve qu’une fois dans sa vie, qui balaye tous les autres sentiments, remplit le cœur, et lui commande tyranniquement. « Peut-être ».
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Ubald Paquin Les caprices du cœur

Suivant à la lettre, malgré qu’il lui en coûta, les conseils de Jacques Mainville, Lucien Noël fut infidèle à la promesse qu’il avait faite à Hortense de lui écrire tous les jours.
Les jours se passèrent sans qu’il envoya de ses nouvelles à Québec. Ce lui en était une souffrance ; et maintes fois, ne pouvant résister à la tentation qui s’offrait à lui, il griffonna des pages et des pages fiévreuses, où il contait l’amour immense qu’il portait au cœur et où il s’abandonnait à la magie d’évoquer les instants heureux du passé.
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