Élisa Michaud

Résumé

Élisa Michaud Canadiennes d’hier

Je suis votre petite Sylvie, vous êtes ma chère gros’maman et nous ne nous sommes presque pas vues. Je n’appelle pas « se voir » se rencontrer une fois, à la hâte, et en présence de madame Rivet.
Votre beau pays, à ce temps-ci de l’année, doit être poétique, et combien davantage le sera-t-il en cette nuit où le ciel visitera la terre !
Quelle impression de repos, de paix surnaturelle doit pénétrer l’âme à l’aspect de ce moelleux tapis de neige qui suit les ondulations du terrain, s’étend sur les collines et ne s’arrête qu’au bord du ciel
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Élisa Michaud Canadiennes d’hier

Quand, ici, je vois le soleil à travers un voile de deuil, il me semble que toute la lumière, toute la joie du monde baigne St-Jean-Port-Joli. Je le vois au soir d’un beau jour dans un poudroiement vert et or. Au fond, sur sa colline bleue, St-Aubert — qui, à cette heure, étincelle de toutes ses fenêtres — dresse sur le ciel rosé son modeste clocher tout vibrant d’angélus. Dans un enclos ou viennent d’entrer, pour la traite du soir, de nombreuses vaches mugissantes, un jeune couple, sans un geste inutile, accomplit sa besogne journalière.
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Élisa Michaud Canadiennes d’hier

Mon cœur n’a même pas battu pour des héros imaginaires. Je n’ai pas lu de romans, si ce n’est ceux de Dickens, Thackeray, Eliot... et quelques-uns d’Alphonse Daudet. Les grands romanciers français et étrangers, je les connais par les morceaux choisis qu’on nous faisait étudier au cours de littérature. Je n’ai pas de passé sentimental et mon bonheur à venir dépend de Jean Leclerc. Il est le grand, il sera l’unique amour de ma vie. Lui non plus n’a pas prodigué son cœur, s’il faut en croire tante Louise, il n’est pas « marieux » : c’est un point de ressemblance avec moi.
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