“ Une toque rouge est pour les femmes un insigne de virginité. Une fille qui aurait fait un faux pas, et qui oserait paraître en public avec sa toque rouge, risquerait de se la voir arracher par un prêtre, et d’avoir ensuite les cheveux coupés par un de ses parens en signe d’infamie. 3. C’est la manière de saluer la plus ordinaire. Quand une jeune fille rencontre un homme qu’elle, a vu une fois, elle l’embrasse en l’abordant. ”
Toque
Définition et enjeux
La toque, symbole vestimentaire ou social, a traversé les œuvres littéraires pour évoquer des normes, des désirs ou des états d'âme. Prosper Mérimée la rattache à la virginité, tandis que Jules Vallès la confronte à la réalité du travail.
Élie Faure, quant à lui, la relie à l'art et aux gestes humains. D'autres auteurs, comme Renée Vivien ou Émilienne d’Alençon, en font un signe de sensualité ou de poésie. Cette diversité d'approches révèle la toque comme un objet à la fois concret et chargé de significations culturelles.
Citations sur “toque”
“ On est un fainéant et un drôle, quand on veut être cordonnier, vivre dans la poix et la colle, tirer le fil, manier le tranchet, au lieu de rêver une toge de professeur, avec une toque et de l’hermine. ”
Élie Faure,
Histoire de l’art/L’Art antique
“ Marche, danses et jeux, toilette, recueillement, causerie, attention, rêverie, immobilité, la vie des nuances, des impressions, des souvenirs passe dans ces charmantes choses, ou fuit, ou hésite, ou s’arrête. C’est une foule vivante de secondes imperceptibles que ces petites créatures candides aux cheveux roux, aux robes teintes. ”
Achille Segard, Le Mirage perpétuel
“ Tu glisses dans leur chair le goût de la luxure, Et si quelqu’un se croit d’une vertu plus sûre D’un seul baiser tu sais l’abattre à tes genoux. Souple et svelte, quand tu t’allonges sur ta couche, Avec des mouvements onduleux et félins, Tu fais saillir ta croupe et tu creuses tes reins, Ta langue est comme un dard qui jaillit de ta bouche. ”
Émilienne d’Alençon,
Sous le masque
“ Que ton baiser plus doux que le cœur de la rose, Que ton baiser à toi. Je ne veux dans mes mains que tes mains effilées, Dont les ongles parfois me labourent le cœur, Tes mains qui sur les draps de dentelle posées L’ornent mieux que des fleurs. ”
“ Ta robe participe à ton être enchanté, Ô ma très chère !... Elle est un peu de ta beauté. La respirer, c’est ton odeur que l’on dérobe. Ton cœur intime vit dans les plis de ta robe, L’odeur de nos baisers anciens est dans ses plis... ”
Henri Ardel,
L'été de Guillemette
(1908)
“ Et alors, en lui monte l’obscur désir de lui dire des mots de tendresse qui la consolent, de prendre, entre les siennes, la main dégantée qui froisse les plis de la robe, la main frémissante dont la vie jeune appelle les lèvres... ”
Charles d' Eternod, Le pèlerin illuminé (poèmes) (1924)
“ Vois comme elle avance vers toi, A contre jour, en robe claire, Le corps harmonieux et droit, Le geste souple et volontaire. Sa race ondule à chaque pas Un rythme intérieur de danse ; Tout un siècle participa Au charme de sa nonchalance. ”
Édouard Pailleron,
Amours et Haines
“ Musique lointaine, aux airs caressants, Qui semble au convive Une main lascive ! Baisers retentissants ! Et, sur les roses de sa couche, Les cheveux d’or Qu’à pleine bouche On mord ! Ô voluptés aux bouches torses ! Torses Plus blancs que le lis ! Lumière qui rayonne et glisse De l’urne lisse Aux seins polis ! Ô fleurs ! baisers ! chansons ! lumière ! ”
Élie Faure,
Histoire de l’art/L’Art antique
“ Le geste d’un affamé qui tend la main, les mats que murmure à l’oreille du passant une femme, dans quelque énervante soirée, le geste humain le plus infime, tiennent dans l’histoire de l’art même une place bien plus grande que les cent mille toiles en question et les associations d’intérêt qui tentent de les imposer au public. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Le front ridé, les sourcils froncés, le regard sombre, farouche, les lèvres serrées : quel aimable visage il montre chaque jour, jusqu’à ce que les prières, les baisers et la plainte aient chassé de son front cette fâcheuse bourrasque ! ”
“ Ses yeux agrandis dans l’ombre voient d’abord passer des vapeurs légères, puis des formes confuses, puis des êtres mystérieux, qui prennent corps, la soulèvent, l’entraînent dans leurs rondes et l’initient aux plaisirs des danses divines. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Quelle âme avait chanté sur des lèvres plus belles, Et brûlé plus limpide en des yeux inspirés ? Sans effleurer jamais ta robe immaculée, Les souillures du siècle ont respecté tes mains : Tu marchais, l’œil tourné vers la Vie étoilée, Ignorante des maux et des crimes humains. ”
Alphonse Karr,
Physiologie du goût
(1864)
“ Souvent des danseurs, des bateleurs et des mimes des deux sexes et de tous les costumes, venaient occuper les yeux sans nuire aux jouissances du goût; les parfums les plus exquis se répandaient dans les airs; on alla jusqu'à se faire servir par la beauté sans voile, de sorte que tous les sens étaient appelés à une jouissance devenue universelle. ”
Clémence Robert,
Les Mendiants de Paris
(1848)
“ Là, dans l’élan qui l’entraîne et le berce, le corps s’assoupit pour rendre l’imagination plus forte et plus ardente : un étourdissement plein de charme égare la raison et vous livre tout entier à la puissance du cœur... Un mouvement inattendu vous fait effleurer les cheveux ou la main de l’être aimé et semble prêt à vous entraîner sur son sein. ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ La bouche épanouie en un demi-sourire, Et comme un livre ouvert son front se laissant lire ; Sa coiffure était basse, et ses cheveux moirés Descendaient vers sa tempe en deux flots séparés. Ni plumes, ni rubans, ni gaze, ni dentelle ; Pour parure et bijoux, sa grâce naturelle ; Pas d’œillade hautaine ou de grand air vainqueur, Rien que le repos d’âme et la bonté de cœur. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Et, à présent, voyez! voyez la foule qui se presse! il en viendra encore, et toujours! et vous, vous ne saurez laquelle de ces reines du soir admirer le plus pour la splendeur de son costume et le goût exquis de sa toilette. Les moindres détails du corsage, des antennes et des pattes sont d'une délicatesse inouïe et je ne pense pas que vous ayez jamais vu nulle part de créatures aussi parfaites. A présent, remarquez la grâce de leurs mouvements, la folle et charmante précipitation de leur vol, la souplesse de leurs antennes qui est un langage, la gentillesse de leurs attitudes. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Puis, tout-à-coup, lorsqu’on n’y songe plus, la capricieuse ressemblance reparaît plus frappante ; elle vous saute aux yeux ; impossible de la méconnaître. Qui peut produire cela ? Bien des choses assurément. Le jour, frappant les traits d’une certaine façon et mettant en relief certaines lignes d’ordinaire effacées, — le costume, la coiffure, un air de tête, un geste, un rien, — et aussi, et surtout un sentiment passant subitement du cœur sur le visage. ”
Gabriel Soulages, L’Idylle Vénitienne
“ Seuls, par instants, le souffle d’un éventail, pareil au battement d’une aile... le murmure d’une robe étroite qu’un bas de soie frôle en dedans... le bruit furtif d’un baiser sur la peau fine d’un cou de femme... ”
Anonyme, Les Costumes théâtrales
“ Les Costumes théâtrales, 1793, bandeau début de chapitre ROUTE DE CYTHÈRE.Air : Aussi-tôt que la lumière... A Vingt ans, le beau voyage Que je fis chez les Amours, Laissant de l’apprentissage Le ridicule secours. Je vainquis une pucelle ! Dieux ! quels plaisirs ! ah ! quel bien ! Dans le bijou de la belle, De forger ce beau lien. Remuant la charnière, Et me pressant dans ses bras, Chaque coup du derrière, M’indiquait nouveaux appas. Ah ! quel ravissant délire, De revivre et de mourir, Si j’enfonce, elle soupire, Pour m’exciter au plaisir. ”
Albert Lozeau, Le Miroir des jours (1912)
“ Vous redressez le buste ou vous penchez la tête, Et le cristal, docile à vos gestes, répète La blancheur de vos bras, l’éclat noir de vos yeux, Votre cou, votre bouche exquise, vos cheveux... Tout est jeune et joli, tout respire la grâce ! ”
Henri Cantel, Amours et priapées (1869)
“ Tu dardes les éclairs de tes yeux enivrés, Dans les nerveux élans de ta danse hardie. Le désir mord les cœurs qu’a vaincus ta beauté, Car, pour laisser la foule ivre de volupté, De ta robe déborde une épaule arrondie. ”
Eugène Pottier,
Chants révolutionnaires
“ Je sens la vie et le baiser ; Je vois les fleurs s’aimer entr’elles ; Je vois les rayons s’épouser. Velours des prés, soyez ma couche ; Et, pour m’ouvrir l’âme et les sens, Nature, un baiser sur ta bouche ! ”
Colette,
Sido; suivi de Les vrilles de la vigne
(1901)
“ La plus belle de tes danses, ce n’est pas quand tu accours, haletante, pleine d’un désir irrité et tourmentant déjà, sur le chemin, l’agrafe de ta robe... C’est quand tu t’éloignes de moi, calmée et les genoux fléchissants, et qu’en t’éloignant tu me regardes, le menton sur l’épaule... ”
Paul de Musset,
Nouvelles italiennes et siciliennes…
“ Elles ont les traits réguliers, des profils de médaille, des mains et des cheveux admirables, et des yeux dont on n’essuie pas le feu impunément. Leur physionomie offre un mélange bizarre d’intelligence et de naïveté, de passion et de coquetterie, d’orgueil et de douceur ; mais la sensualité domine par-dessus tout le reste. ”
Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau,
Erotika Biblion
(1783)
“ Une femme ainsi préparée se couvrait d’une de ces gazes qui, selon l’expression d’un ancien, ressemblaient à du vent tissu, et laissait briller tout l’éclat de la beauté ; elle passait dans le cabinet des parfums, où, au son des instruments qui versaient une autre sorte de volupté dans son âme, elle se livrait aux transports de l’amour... Portons-nous les raffinements de la jouissance jusqu’à cet excès de recherches [6] ? ”
Hélène Swarth,
Octobre en fleur
“ Incline-toi vers moi, cher, afin que je pose Ma main tremblant d’amour sur ta bouche mi-close. Sens palpiter l’amour, sa douleur et ses fièvres Dans mes doigts implorants sur la fleur de tes lèvres, Veuille effleurer mes doigts de ta suave haleine. ”
Dr François, Des nuits : poème (1836)
“ Dans un cercle brillant, la coquette folâtre, Imitant et la danse et les chants du théâtre, Qui voit un étranger pour la première fois, Ou veut toucher un cœur insensible à sa voix, Ne pouvait égaler sa démarche ingénue, Sa voix en vous parlant, si tendrement émue, Son sourire enchanteur, présage de ses feux, Et de ses yeux baissés le charme dangereux. Charmes d'autant plus forts qu'elle était dans cet âge Où le cœur ingénu sait aimer sans partage , Que malgré tant d'attraits aucun de ses amants N'avait jamais souillé des charmes si touchants. ”
Edouard Gibert, Les Diligences au Sahara , par Edouard Gibert… (1887)
“ Couvrez la robe à gros plis et taillée carrément de bijoux lourds et bizarres, le visage les bras et les mains de petits tatouages bleus, vous aurez l'aspect de la danseuse incapable du moindre entrechat et du plus petit jeté-battu. ”
“ Pour vous les mettre ainsi que des pendants d’oreilles : Et, me baissant un peu pour que vous me baisiez Au front, je vous rendrais dans vos cheveux en boucles Vos baisers, en mordant vos rouges escarboucles. ”
Jean Moréas,
Premières Poésies : 1883-1886
“ Les bras qui se nouent en caresses pâmées, Le cordial bu du baiser animal, Les cheveux qu’on tord, les haleines humées, Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ? O nos visions les toujours affamées ! ”
Achille Segard, Le Mirage perpétuel
“ Et qu’avec un baiser je revivrais en eux ! II Le trouble de vos yeux assombris et le charme D’un sourire éclairant un peu votre pâleur, Votre bouche pareille aux lèvres d’une fleur Où les mots quelquefois tremblent comme des larmes, Votre main longue et fine aux doigts chargés de bagues, Votre corps se ployant aux cadences du pas, La courbe de vos reins souples, vos yeux si las M’ont transpercé le cœur plus qu’un éclair de dague. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et voici l’un des poèmes qu’un poète amoureux avait composé pour l’amour de ses yeux : L’embrasser, c’est s’enivrer du parfum de musc de toute sa peau ! C’est sentir sous l’étreinte ployer son corps comme la délicate branche humide nourrie seulement de brise et de rosée. ”
Anacréon,
— XX. À une jeune fille.
“ Je voudrais devenir une eau limpide pour baigner ton beau corps ? Je voudrais devenir essence, ô ma maîtresse ! afin de te parfumer ! Que je sois la bandelette de ta gorge, la perle, ornement de ton cou ou seulement ta chaussure pour être au moins pressé par tes pieds délicats. ”
“ CHAIR DES CHOSES Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde, Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix. L’harmonie et le songe et la douleur profonde Frémissent longuement sur le bout de mes doigts. Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles, Je partage leur vie intense en les touchant. C’est alors que je sais ce qu’elles ont en elles De noble, de très doux et de pareil au chant. Car mes doigts ont connu la chair des poteries La chair lisse du marbre aux féminins contours Que la main qui les sait modeler a meurtries, Et celle de la perle et celle du velours. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Vous mettez vos bottes avec fureur, vous vous habillez comme quand vous avez peur d’être surpris peu vêtu, vous avez les plaisirs de la hâte, vous interpellez vos boutons ; enfin, vous sortez comme un vainqueur, sifflotant, brandissant votre canne, secouant les oreilles, galopant. ”
“ Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches. Voilé comme une femme, évoquant l’Autrefois, Le crépuscule passe en pleurant... Et mes doigts Suivent en frémissant la ligne de tes hanches. Mes doigts laborieux s’attardent aux frissons De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale... L’art du toucher, complexe et curieux, égale Le rêve des parfums, le miracle des sons. Je suis avec lenteur le contour de tes hanches, Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés. Mon désir délicat se refuse aux baisers : Il effleure et se pâme en des voluptés blanches. ”
Mérinos, Nouvelles et fantaisies humoristiques… (1872-1876)
“ Chacune d'elles, avec une précision instinctive, s'est fait un ajustement propre au caractère de sa beauté ; chacune a son costume à part, suivant son rôle dans le drame, et leur parure donne des formes visibles à toutes les réalités, à toutes les fantaisies, à tous les caprices, à tous les rêves et à tous les dérèglements. ”
“ Il fait le geste de saisir le bord d’une robe imaginaire, dont il revêt le noble jeune homme, et de la porter à ses lèvres. L’action est pleine d’humilité, mais accomplie d’une manière pittoresque, et sans avilir celui qui s’en acquitte. ”
Arthur Buies,
Le chemin de fer du lac Saint-Jean
“ Elle court, se retourne, échappe, glisse, s’enfuit, revient, agitant, frémissante, sa robe moirée, couverte d’étincelles de jais, et, après cent méandres, haletante ou rassurée, elle s’étale dans toute la force et l’ampleur de son cours. ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ Dans ton éclat vermeil, dans ta fleur de beauté, Comme une pêche intacte au duvet velouté, Avec tes yeux nacrés, ciel aux astres d’ébène, Et ta bouche d’œillet épanouie à peine, Si petite vraiment qu’on n’y saurait poser, Même quand elle rit, que le quart d’un baiser. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Si nos doigts, appliqués à un seul œil, le pressent en dessous, ils affectent le sens, au point que la vue (4, 450) semble doubler tout ce que nous apercevons. Elle double nos lustres couronnés de flammes resplendissantes ; elle double les meubles féconds de nos appartements : elle double le visage des hommes au double corps. ”
“ Riant à moi, brutal d’ivresse, Qui te prendrais Comme cela, − la belle tresse, Oh ! − qui boirais Ton goût de framboise et de fraise, Ô chair de fleur ! Riant au vent vif qui te baise Comme un voleur ! ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ Le costume et la physionomie des acteurs, le paysage où la scène se passe, les rides du front, les plis des lèvres, le regard, le geste, jusqu’aux moindres contractions musculaires, rien n’échappe à la curiosité de leurs descriptions. Ils mènent à loisir l’action qu’ils inventent et qu’ils brodent ; ils s’arrêtent quand il leur plaît de s’arrêter ”
Renée Vivien,
Une femme m’apparut
“ Je n’ose vous baiser les mains, San Giovanni. Vous avez des mains presque viriles, des mains qui possèdent, qui prennent et qui gardent, mais ne s’abandonnent jamais. J’ai, comme vous le savez, la passion des mains, plus éloquentes que les visages. ”
Ernest Renan,
L’Église chrétienne
“ Qu’elles aient une tenue convenable, pleine de pudeur, demandant leur parure non aux tresses de cheveux, à l’or, aux perles, aux vêtements précieux, mais, comme il convient à des personnes qui font profession de piété, aux bonnes œuvres. ”
