Eugène Pottier

Élements biographiques

Portrait de Eugène Pottier Eugène Pottier Chants révolutionnaires

De l’ordre social futur, sur son portail
Biffait : Propriété, pour y graver : Travail.
Oui, Paris t’acclama ! tu venais sur la terre
Débrouiller le chaos
Tu devins le cerveau, l’âme du prolétaire
Et la chair de ses os.
Des penseurs sociaux s’il ignore la lettre,
Le peuple en sent l’esprit.
Quand tu dis : Travailleur, tu n’es rien, tu dois être !
Le Travailleur comprit.
Chacun mit à la pâte une main vigoureuse :
Bataillons fédérés,
Vieux faubourgs, vous prenez le flingot, la vareuse,
Vous marchez, vous mourez !
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Portrait de Eugène Pottier Eugène Pottier Chants révolutionnaires

C’est le sang de nos veines,
C’est le sang généreux de ces masses humaines :
Femmes, vieillards, qu’ils ont éventrés, ces bourreaux !
Morts et blessés qu’ils ont piétinés, ces héros !
L’égorgement de Juin n’était qu’enfantillage ;
Le massacre en progrès change son outillage ;
O ne suffirait pas à tuer ce qu’on prend :
Avec la mitrailleuse on fait l’ouvrage en grand ;
On transforme nos parcs en abattoirs, nos squares
En cimetières, puis, les bottes dans des mares
De sang, les officiers sont réunis en cours
Martiales, — on veut que justice ait son cours.
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Portrait de Eugène Pottier Eugène Pottier Chants révolutionnaires

Parlons de l’atelier et non de la caserne, ne flattons pas la croupe encore fumante des canons, mais escortons de nos clameurs de pitié ou de colère ceux que la machine mutile, affame, écrase, — ceux qui ne peuvent plus trouver à gagner leur pain, parce que leur métier est perdu ou parce qu’on les trouve trop vieux quand ils demandent, comme une aumône, le droit de crever à la peine !
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