Jean Moréas,
Premières Poésies : 1883-1886
“ Mon âme est un manoir hanté par les corbeaux. — ton cœur est un jardin plein des lis les plus beaux ; Ton âme est blanche ainsi que la blanche colombe. Mon rêve est un ciel bas où sanglote le vent ; Mon avenir, un tertre en friche sur la lande. — Ton rêve est pur ainsi que la plus pure offrande, Ton avenir sourit comme un soleil levant. Ma bouche a les venins des fauves belladones ; Mes sombres yeux sont pleins des haines des maudits. — Ta bouche est une fleur éclose au paradis, Tes chastes yeux sont bons comme ceux des madones. ”
