Jean Moréas

Jean Moréas

Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les cantilènes (1886)

LA CHEVAUCHÉE DE LA MORT
La Mort chevauche dans la nuit, à travers la plaine. Le vent de la nuit à travers la plaine halène;
Le vent halène dans les ajoncs et sur les prèles.
La Mort monte un hongre pie et borgne aux jambes grêles.
Et les trépassés sont pendus par la chevelure, Sont pendus par les pieds, à la queue, à l'encolure,
142 HISTOIRES MERVEILLEUSES
L'encolure du hongre borgne qui caracole.
La Mort chevauche à travers la nuit, comme une folle.
Les vieillards disent : Bonne Mort, cesse un peu ta course. Nous boirons, dans le creux de nos mains, à cette source.
Source : Gallica

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les cantilènes (1886)

Découverte, elle pique avec un geste sec Des asphodèles, dans sa chevelure belle, Belle et bleue et parfumée et qui se rebelle.
MADRIGAL
Incarnate et dodue et narguant les chloroses, Avec ta bouche rutilante et ton maintien Impudique, et ton front que le remords chrétien Ne saurait assombrir de hantises moroses;
Avec tes seins petits et tes hanches décloses, Et tes cheveux tordus, tu représentes bien Ce conventionnel amour, que l'art païen — Mais le nôtre — para de rubans et de roses.
Source : Gallica

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les cantilènes (1886)

C'est la belle aux yeux, C'est la belle aux yeux de mûre, C'est la belle aux yeux de mûre;
La belle aux cheveux, La belle aux cheveux de mûre,
Aux cheveux soyeux.
L'ÉPOUSE FIDÈLE
A la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, A la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
Son noir cheval est blanc D'écume et de poussière, Il est blanc de la queue Jusques à la crinière.
ASSONANCES
A la fraîche fontaine, Sous le grand peuplier, A la fraîche fontaine S'arrête un cavalier.
— «La belle qui puisez Dans le seau d'or cerclé, Versez au cavalier Et versez à la bête. »
Source : Gallica

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