Émile Trolliet

Résumé

Émile Trolliet La route fraternelle (1900)

Je viens vous le ravir pour le rendre à l'amour.
Quand le coeur doit céder sous le poids qui l'opprime,
L'amour n'est plus un mal.
LE PRIEUR, s'adressant à Raoul.
Mais n'est-il pas un crime, Lorsque des deux amants l'un, étant marié, A de sacrés devoirs est pour jamais lié?
RAOUL.
Marié! qui vous dit?
LE PRIEUR.
Eh! l'auriez-vous quittée? Dans l'éternel chagrin l'auriez-vous donc jetée? Auriez-vous déchiré votre coeur et le sien Si cette femme était libre de tout lien? Non, non, si vous avez fui pour jamais la terre, Ce n'était pas pour fuir l'amour, mais l'adultère.
Source : Gallica

Émile Trolliet La route fraternelle (1900)

Et l'ouvrier regarde — ô spectateur amer! — Le pain de ses enfants fuyant au fil de l'onde.
La gelée, un matin, rend la vigne inféconde,
Et la tempête, un soir, rend barbare la mer;
Et les quatre éléments : l'air, l'eau, le feu, le fer,
Livrent bataille à l'homme aux quatre coins du monde.
Mais, en vain, le fléau prend l'usine ou l'esquif, Il n'aura pas raison de l'homme, être chétif, Dont le front est sublime et l'âme débonnaire;
Et quand l'orage éteint la chanson des métiers... Plus haut que le fracas des eaux et du tonnerre, Sonne au clocher du coeur le tocsin des pitiés.
Source : Gallica

Émile Trolliet La route fraternelle (1900)

Souvent de ta lèvre enfantine Fais monter la prière aux pieds de l'Éternel, Pour ton père d'abord, ô ma pauvre orpheline, Pour ton père parti le premier vers le ciel.
— Je me souviens toujours que sa mâle tendresse Pour toi se faisait douce; et je revois encor, Quand son front s'inclinait sur ton front qu'il caresse, A ses cheveux blanchis s'unir tes boucles d'or —
Pour notre mère aussi, qui voulut, coeur de flamme, Réchauffant tous les siens d'un amour éternel, Nous dévouer sa vie, et son corps, et son âme : Sacrifice : vrai nom du rôle maternel!
Source : Gallica

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